DE T A C T I Q^U E. Part. I. ijp
ne puisse point faire effet ; ici, rompues en colonne par division, oupar demi-bataillon , présenter ainsi à 1’ennemi, au lieu d’unc ligne con-tinue , de minces divisions, avec de grands intervalles, vues par le flanc,êc offrant feulement trois files au pointement de l’ennemi. D’autre foiselles te mettront ventre à terre, ayant seulement en avant d’ellcs quel-ques hommes intelligens pour les avertir de ce qui fe passe ; elles ne re-garderont pas , ainsi qu'on l’a fait dans un siecle de préjugés 6c d’igno-rance, ces précautions comme déshonorantes ; car la première loi de laguerre est de ne pas exposer le soldat, quand cela n’est pas nécessaire ,pour l’expofer ensuite tans ménagement, quand la nécessité l’exige. Sielles doivent marcher à l’ennemi, elles sauront encore profiter de toutesles ressources du terrein ; déboucher en colonne par des points qui neseront pas vus de l’artillerie ennemie, si ces points conduiíènt très-à-portée d’elle j ou s’il n’y a point de débouchés pareils, marcher rapi-dement à l’ennemi, jettant en avant de leur marche des compagnies dechasseurs éparpillées pour attirer son attention, le harceler de coups defusil, 6c s’attacher principalement aux canonniers des batteries.
On voudra bien me pardonner ces détails qui, s’ils n’ont rien que deconnu , n’cn étoient pas moins nécessaires pour présenter Fensemble desavantages que les troupes peuvent retirer de leur artillerie, des moyensde la rendre redoutable , 6c de l’art précieux d’cmpêcher , ou au moinsde diminuer les effets de celle de l’ennemi. J’ai tâché de balancer lesopinions -contraires des partisans indiscrets de l’artillerie , 6c de ses adver-saires outrés.
C H A P I T R E I I.
Syjieme d'Artillerie. Parallèle de Vancien avec le nouveau.
Mo n projet n’est point d’entrer ici dans la discussion des sentimensqui partagent aujourd’hui les artillers fur les détails intérieurs de leurart , comme proportion des bouches à feu , construction des affûts,théorie des tirs, (Fr. Je ne fuis point assez instruit fur ces matières pouravoir une opinion à moi -, 6c à quoi fervent les discussions quand elles nerépandent pas de lumières fur les objets qu’on discute ?
S’il y a eu jusqu’ici tant de révolutions dans les systèmes d’artillerie ,s’il y a encore de nos jours un partage de sentimens mr une infinité d’ob-jets ; c’est que , dans un corps où il y a nécessairement de 1"étude 6c untravail habituel, il faut que les esprits fermentent 6c s’agitent : heureusefermentation ! Ce feroit un grand malheur , que les idées fussent stables6c uniformes, tant que l’art n’est pas à fa perfection. Ce feroit un pré-sage fâcheux qu’il n’y parviendrait jamais.
La révolution, qui s’est faite à la paix, a bouleversé l’artillerie en-
S 2m