DE TACTIQUE, Partie I. 147
pidité dont ils font susceptibles. II faut que l’artillerie s’y conforme, au-tant que la différence de ses moyens le lui permet.
Examinons d’abord comment elle doit se disposer pour un ordrede marche.
Une division d’artillerie , soit parquée, soit cmplacée, pour entreren action , peut être considérée comme un bataillon ; & chaquepiece de canon ou voiture d’attirails qui la compose , comme unedes fractions qui en font partie. Elle peut en conséquence , comme unbataillon , sc mettre en ordre de marche de deux maniérés , par sonflanc , ou de fronts soit en avant ou en arriéré. Dans le premier cas,chaque piece ou voiture n’a qu’un quart de conversion successif a fairepour se mettre en file ; c’efl ce que Rappellerai mettre de l’artillerieen ordre de marche par le flanc. Dans le second, il faut que chaquepiece rompe en ayant, ou en arriéré , pour se mettre en marche ; c’estce que Rappellerai mettre de l’artillerie en ordre de marche de'front.
Ces formations de Partillc-rie en file, ou en colonne, font relatives àune manœuvre comme à une marche : elles peuvent de-même s’exé-cuter par deux , par trois, ou par quatre pieces , de maniéré que lacolonne ait deux , trois , ou quatre pieces de front, 8c qu’ainsi elle aitmoins de profondeur.
Voilà l’artillerie se mettant en marche à la tête , ou la queue descolonnes de troupes par des mouvemens analogues aux leurs. Les dif-férences , que j’ai établies dans la tactique des troupes à l’occasion desmarches de front 8c des marches de flanc , * doivent pareillement êtrecommunes à l’artillerie ; car si la marche est de front , il est avanta-geux que la colonne d’artillerie ait le moins de profondeur possible ,pour pouvoir fe mettre plutôt en bataille. Pour cet effet , auísi-tôtqu’elle approche du terrein où l’on doit fe former , il faut, qu’ainsique les troupes doublent par divisions 8c ferrent leurs distances, elle,de son côté, double au moins fur deux pieces de front, afin de di-minuer fa profondeur. Si la marche est de flanc , comme on doit feformer fur le prolongement de la marche , alors il est moins importantque la colonne diminue de profondeur, 8c les pieces de canon ou voi-tures doivent se former succcísivement par des quarts de conversion.
Je ne puis terminer l’article des mouvemens qui doivent mettre l’ar-tillerie en colonnes de marche , fans témoigner mon étonnement dece que , fur les chaussées de Flandre , dans des marches à travers un paysfans obstacles , quand toutes les colonnes sont ouvertes, au moins pourle front d’une division de troupes, l’artillerie ne marche pas alors fur deuxfiles. J’ai quelquefois auísi remarqué relativement aux mêmes équipagesdes armées, que par routine on la laisse toujours marcher fur une feulefile, quelqu’ouverte que soit la marche,tandis que dans la plupart des mar-ches les chevaux de charge pourroient faire route fur deux , fur trpisou fur quatre de front. Cependant l’alongement prodigieux de nos co-lonnes augmente la fatigue des troupes , la lenteur des marches, la dif-
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