148 ESSAI GENERAL
ficulté dc les forcer ou de les redoubler le lendemain , & cause par con-séquent le mauvais succès de beaucoup d’opérations militaires.
Les mouvemens de l’artillerie pour passer de l’ordre de marche àTordre de bataille , n'ont pas un rapport moins grand avec ceux des trou-pes. Si la marche est de flanc ( comme dans la PI. XII. Fig. i. )T artillerie se formera successivement , par des quarts de conversion ,aux points désignés pour son emplacement. Si la marche au contraireest de front ( comme dans la Fig. z. ) la colonne d’artilleric doublerases files , pour se mettre sur deux pieces de front. Ce mouvement pré-liminaire le fera dès le moment qu’elle approchera du terrein où elledevra íè former , & en même temps que les troupes seront de leurcôté leurs mouvemens préparatoires de déploiement. J’ai vû dans la der-niere guerre les colonnes d’artillerie , devant se former de front , nepas fçavoir diminuer leur profondeur , rester patiemment fur une file6c fe mettre ensuite en batterie par les mouvemens processionnels mar-qués dans la Fig. Z : il est vrai que la même pesanteur , le même défautd’intelligence étoient alors dans la tactique de toutes les armes. Lacolonne d’artilleric étant formée fur deux files, elle déploiera au signalqui lui en fera fait, fur les deux pieces de Ta tête , une piece déployantà droite , & T autre à gauche , ou bien deux à droite & deux à gauche.Voyez Fig. 4 ct? y. L’ofsicier commandant Tartillerie pourra même, re-lativement aux points où il voudra emplacer ses pieces , & au terreinqu’il aura fur ses flancs , prendre , si je peux m’exprimer ainsi , tellefraction de fa colonne qu’il jugera à propos pour point d’alignement,6c faire déployer les autres fur elle : j'appelle srait ion les deux piecescouplées Tune à côté de T autre. La tactique des troupes, que je priede lire avant ceci, fera comprendre le but 6c l’effet de ce déploiement.
Je suppose que, dans les manœuvres de marche , ou de formationen bataille , les voitures d’attirail 6c de munitions ne seront point mêléesavec le canon , 6c que môme , dans quelques circonstances, elles en íè-ront séparées. Ainsi Tordre ordinaire 6c habituel des marches fera demettre tout le canon d’une division ensemble , puis toutes les voitu-res d’attirails 6c de munitions de cette division. Quand on voudra avoitune plus grande quantité de canon prête à entrer en action au premierinstant, on mettra ensemble plusieurs divisions de canon 6c leurs équi-pages à la fuite. Lorsqu’on voudra avoir Tartillerie à la tête des trou-pes pour protéger leur déploiement , comme il est en même tempsintéressant que les troupes arrivent 6c fe forment le plutôt possible àT appui de cette artillerie , cette derniere fera débarrassée de toutes sesvoitures d’attirails 6c de munitions, qu’on mettra alors à la queue descolonnes de troupes. Je traiterai dans la fuite avec plus de détail cesdifférentes circonstances : elles appartiennent à la grande tactique , puis-qu'elles lont relatives aux mouvemens des armées, 6c à la combinaiíònde Tartillerie avec les autres armes.
C’est aussi dans cette grande tactique , qu'après avoir parlé de la di-