DE T A C T I Q^U E. Partie L 149
vision des troupes d’une armée en plusieurs parties , 8c des moyens defaire mouvoir ces différentes parties, je traiterai du partage de l’artil-lerie d’unc armée en plusieurs divisions, 8c des moyens de faire mou-voir ces divisions 8c de les faire concourir aux succès des troupes. Là ,je montrerai par quel méchanifme de mouvement analogue à celui destroupes, l’artillerie peut rapidement changer fa disposition primitive ;dégarnir un point pour renforcer l’autre ; fe rendre nombreuse où il estnécessaire qu’elle le soit ; ne pas l’ôtre où elle peut embarrasser ; met-tre là des calibres de telle ou telle portée , suivant l’objet qu’elle y doitremplir ; opposer enfin l’intelligence 8c la manœuvre à la quantité 6cla pesanteur. Je dois me borner ici aux mouvemens individuels, aux-quels l’artillerie doit s’exercer par piece ou par division , ainsi quela tactique élémentaire des troupes est restreinte aux mouvemens d’unbataillon & d’un régiment.
11 me reste à dire un mot du système que nous avons adopté depuisla paix , de ne manœuvrer nos picces , une fois entrées en action ouprêtes à y entrer , qu’à bras d’hommes. Ce système , qui est une fuitede l’allégement de notre artillerie , a certainement de grands avantages.Les manœuvres en seront moins confuses que quand elles étoient em-barrassées de charretiers 6c des chevaux. Lorfqu’elles sc feront devantl’ennemi, elles offriront moins de prise , 8c feront moins ralenties par lesaccidens. II ne faut pourtant pas s’imaginer que cette maniéré de ma-nœuvrer les pieces puisse s’employer par-tout. 10 . Toutes les épreuves,qui sc font faites à cet égard dans nos écoles , sc font passées fur dessurfaces planes , solides & fur lesquelles le canon mené à bras rouloitfans efforts. Or la guerre offrira souvent des terreins difficiles , escarpés,détrempés par les pluies, où la manœuvre deviendra trop lente 6c troppénible pour des canonniers qui, après avoir mis les pieces en batterie,ont ensuite besoin de force 8c d’adresse pour les exécuter.
20 . J admets la manœuvre à bras pour tous les mouvemens de pro-che en proche. 11 y en a une infinité d’autres où il s’agira de se mou-voir rapidement, ou de parcourir des distances considérables , commej} ou r porter de l’artillerie en renfort, d’une colonne , ou d’un pointa un autre, pour saisir à toutes jambes un plateau avantageux, pourretirer l’artillerie d’un point où elle est en prise, &c. Là, il faut né-cessairement 1e servir de chevaux. N’embrasions donc point de mé-thode exclusive fur cet objet ; ne manœuvrons pas toujours nos piecesavec des chevaux ainsi qu’on le faiíoit autrefois ; ne prétendons pas^aussi les manœuvrer toujours à bras d’hommes, comme on veut le faire'aujourd’hui ; employons ces agens tour-à-tour 6c suivant les circonstan-ces : ils n’apportent aucune différence à la nature des mouvemens aux-quels l’artillerie doit s’exercer.