Band 
Tome second.
Seite
23
JPEG-Download
 

DE T A C T I Q^U E. Partie II. r;

l’cnnemi, chaque division d’artillerie marchera à la tête ôc à la queuedes troupes de chaque division de troupes, n’ayant toutefois lefdites di-visions d’artillerie avec elles que les caillons de munitions nécessairespour le premier moment, ôc tout le reste marchant, ainsi qu’il est ditci-dessus,par une colonne séparée en dedans de Tordre de marche.

Je laisse à juger aux gens de guerre si cette théorie des dispositionsde Partillerie dans les marches n’eít pas supérieure à la routine qu’on asuivie jusqu’à prélent. Je laisse à juger si ayant de Partillerie divisée ôcmanœuvrée ainsi, on ne pourroit pas en avoir une bien moins grandequantité qu’on n’en a aujourd’hui, une bien moins nombreuse que cellede l’armée ignorante que l’on auroit vis-à-vis de foi, ÔC avec cela ne ja-mais manquer d’artillerie ôc se procurer sur les points nécessaires, desfeux supérieurs aux siens.

CHAPITRE VI.

De la Disposition des Equipages dans les Marches.

Jt. y a peu de chose à dire sur cet objet. On ne doit jamais mêler leséquipages avec les troupes ; on les fait marcher à la fuite des colonnesdans le même rang que les troupes y tiennent, ôc les mulets ou chariotsde campement des soldats ayant toujours la tête. Si l’on a à craindrepour les flancs de la marche, on n’en place point aux colonnes exté-rieures de Tordre de marche , ôc on prend des précautions pour les cou-vrir. S’il est question d’une marche-manœuvre ou d’une marche forcée,on prend le parti de laisser les équipages cn arriéré , choisissant pour cetestet un lieu sûr ôc qui à tout évenement puisse être couvert par l’ar-mée. Toutes ces règles sont connues. Mais ce fur quoi on est dans laroutine la plus mal entendue, c’est Tordre individuel de ces équipages.Je vois que dans les chaussées de Flandre , dans les pays les plus ou-verts , fur les mêmes débouchés où les troupes ont marché par pelotons,les mulets ou chevaux d’équipages y marchent fur une feule sile, commesi l’on étoit dans les défilés des Alpes ; il scroit certainement possiblequ’au lieu de cela ils marchassent fur deux ou fur trois files. J’en diraiautant pour les voitures, qui souvent pourroient marcher sur deux defront. Enfin il devroit y avoir une réglé de proportion établie, d'aprèslaquelle le maréchal général des logis diroit : les troupes de telle colonnepeuvent marcher fur tel front, par conséquent les équipages de cettecolonne marcheront dc- telle maniéré.

Mais à quoi servira toute l’inrelligence possible dans la disposition desmarches, si nous ne cherchons à diminuer cette quantité énorme d’at-tirails, d’équipagcs, de valets, si bien nommée par les anciens impedi-menta ; si pour cela nous ne devenons plus sobres, moins amoureux denos ailes, plus endurcis aux travaux ? Je ne m’étendrai pas là-dessus : CíU