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Tome second.
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DE T A C T I CL U E. Partie II. z s

à l’autre , les circonstances à la guerre peuvent exiger que là il faillemettre de la cavalerie au centre , & de Tinfanterie fur les ailes , ici com-battre fur une ligne , plus loin fe former fur trois, ailleurs séparer T ar-mée en plusieurs corps pour les faire agir chacun fur différons points ;toutes ces dérogations à Tordre primitif n’empêchant cependant pointque la totalité de la disposition ne soit un ordre de bataille , puisqu’ellea pour but de combattre. Concluons de-là qu’ainsi que la postérité sctromperait, si elle imaginoit , en voyant le tableau de nos ordres debataille actuels, que telle étoit la disposition sur laquelle combattoienttoujours nos armées, nous nous trompons fans doute étrangement, Iori-qu’cn trouvant dans Thistoire la disposition d’une armée grecque ou con-sulaire , nous croyons qu’elles combattoient toujours dans cet ordre.Car vraisemblablement cet ordre n’étoit qu’une disposition fondamentaleSc primitive à laquelle ils faifoient des changemens , suivant ce qu’exi-geoient la nature du terrein Sc les mouvemens de Tcnnemi. Revenons àmon ob jet qui est d’éclaircir la définition que j'ai avancée.

Considéré comme disposition dictée par le terrein Sc par les circon-stances , Tordre de bataille d’une armée est Tordre quelconque dans le-quel elle fe range pour combattre, c’est-à-dire, que ce n’est jamais Scne peut presque jamais être Tordre de méthode ; car rarement fe trou-ve-t-on dans des plaines où T armée puisse être formée fur des lignesdroites Sc continues ; aussi rarement dans des pays où Ton doive com-poser tout le centre d’infanteric , Sc les ailes de cavalerie. Souvent onaffoiblit Sc on met hors de prise une partie de fa disposition pour enrenforcer une autre avec laquelle on veut combattre. Dans ces différen-tes circonstances on fe conduit ainsi que je Tai dit ci-dcssus, on s’écaitede Tordre de méthode , on prend une disposition qui y a quelquefoistrès-peu de rapport. II y a même plus : c’est que plus un général esthabile , plus Ion armée est manœuvriere , Sc plus il s’écarte de la rou-tine établie, afin de porter à son ennemi des coups imprévus Sc déci-sifs. J’aurai occasion de développer cela dans la fuite de cette théorie.Je croisjen avoir dit assez pour faire.sentir la différence qu’il y a entrela disposition de méthode Sc la disposition de circonstance, qui toutesdeux cependant peuvent s’appeller ordre de bataille , avec cette diffé-rence que la premiere n’a lieu que dans les camps Sc dans les rêves destacticiens , tandis que la seconde est celle dans laquelle on donne lesbatailles 8c surtout celle qui les fait gagner.

C’est cette derniere qu’on parviendra à exécuter facilement au moyende la tactique exposée dans cet ouvrage , Sc qu’on ne pouvoit exécu-ter de-meme avec les anciens principes Sc les mouvemens pratiqués jus-qu'à présent dans nos armées > car outre qu’on n’avoit aucune idée dela grande tactique , outre que les armées n’étoient ni divisées ni con-stituées de façon à pouvoir être manœuvrieres, les différons corps quila composoient, ne se remuoient individuellement que par des métho-des lentes , lourdes, 8c dont elles n’^voiçnt pas même T habitude. LesTome II. D