DE T A C T I Q^U E. Partie IL ^ 37mais il attaqua leur aile gauche avec Délite de ses forces, la prit à re-vers 6c la culbuta , tandis qu'il profitoit d’une liiiere de hauteurs quiétoit vis-à-vis de leur droite ôc de leur centre, pour leur faire illusion,les tenir en échec 6c y placer, dans une excellente défensive, le relie deson armée affoibli par les renforts qu'il avoit portés à fa droite. Ainsij’ap-pclle la disposition de l’armée du prince Ferdinand à Crevelt, une ditpoii-tion oblique , parce qu’il tourna 6c attaqua notre gauche avec l’élitc deses forces, tandis que le relie de son armée, partagé en plusieurs corps,contenoit, en fe montrant fur différons points à la grande portée de canonde nous, le centre 6c la droite de notre armée : ainsi'je pourrois dire quepresque toutes les armées qui ont engagé des batailles depuis un siccle, lesont engagées dans l’ordre oblique , puifqu’elles ont réduit leur attaqueà-ides points, 6c je le dirois, s’il n’étoit pas vrai que dans la plupartde ces batailles ( j'en excepte celles qu’a donné le roi de Prusse ) laroutine 6c le hasard ont fait les dispositions, 6c qu’on n'avoit certai-nement alors aucune connoissance de l’ordre oblique , de son mécha-nisme 6c de son objet.
L’ordre oblique de la seconde efpecc, étant celui qui s'adapte Jc plus-facilement aux terreins 6c aux circonstances , c’est donc de celui-là.particulièrement que les généraux doivent faire un objet d’étude 6c deméditation > 6c ou cette étude peut-elle fe faire avec succès ? C’estdans des camps d’instruction , c’est à la guerre, c’est, si je peuxm’exprimer ainsi , à force de manier les troupes 6c les circonstances.J’ai posé quelques principes où il n’y en avoit aucun , c’est au génieà en faire T application. II ne me reste maintenant qu’à prouver la.vérité de ces principes, c’est ce que je vais faire, en traitant ci-aprèsde la formation des armées 6c du rassemblement d’un camp d’instru-ction, dans lequel s’exécuteront tous les ordres de marche 6c de ba-taille, relatifs à la théorie que j’ai établie.
chapitre j.
Formation les Armées ; nêcejjìtê d'en rajsembler en temps de paix dans desCamps dejìinés à être les écoles de la grande ‘Faffique.
S 1 , unc nation avoit des troupes êc des généraux tels que je me lesimagine , ses armées pourroient être bien moins nombreuses que ne lcfont celles qu’on a aujourd’hui, 6c avec cela valoir mieux 6c exécuterde plus grandes choies. Elle auroit dans ses armées moins de cavale-rie , moins de troupes légeres, moins d’artillerie. Son infanterie seroitmieux armée , plus aguerrie , mieux disciplinée , plus manœuvriere >elle sauroit se suffire à elle-mème comme Pancienne infanterie des légionsRomaines. Sa cavalerie seroit peu nombreuse, mais'fa bonté , fa vélo-Clte » st science de mouvemens suppléeroient à son petit nombre. Se&