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Tome second.
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;8 ESSAI GENERAL

troupes légeres feroient en môme-temps le service de ligne, & sestroupes de ligne feroient au besoin le service de troupes légeves ; parconséquent point de double emploi , point de corps inutilement 6c dis»pendieusement employé à un seul objet. Son artillerie seroit peu nom-breuse, mais elle n’auroit que des calibres utiles 6c propres à produirede grands effets ; elle seroit bien constituée, bien allégée, bien attelée,bien disposée dans ses emplacemens, bien exécutée dans faction. Tousles corps qui compoferoient ses armées auvoient une tactique st m pie, ana-logue Pu ne à l’autre, & prête à servir les combinaisons des généraux.De pareilles armées ne feroient point embarrassées par une quantité im-menle d’équipages > elles feroient sobres, infatigables, plus amoureusesde 'doire que de commodité ; elles íauroient vivre des denrées du pays,8c ne feroient pas subordonnées aux calculs étroits &c routiniers dmnentrepreneur de subsistances s ensin de semblables armées, commandéespar de grands hommes, renouvelleraient les prodiges opérés autrefois parde petites armées contre des multitudes ignorantes ; elles feroient encorede grandes conquêtes & des révolutions dans les empires.

Dans mes essais particuliers fur 1a tactique de l'infanterie, de k cava-lerie & de P artillerie, dans mon chapitre fur les troupes légeres, j'aidéja exposé une partie de mes idées fur les changemens qui pourraientêtre faits dans k maniéré actuelle de faire la guerre. Je développerai 6cappuierai de plus en plus mes opinions à cet égard. On vient de voirdans le commencement de cette seconde partie , quelle doit être k théo-rie de 1a grande tactique ; à l’apperçu des nouveaux procédés d’ordresde marche 6c d’ordres de bataille qui y font déduits, on peut com-mencer à juger que k tactique est une science, une grande science,que c’eíl k supériorité de génie 6c non k supériorité de nombre quidoit décider les succès. La grande tactique mile en action, ainsi qu’ellevaTêtrp ci-après, présentera cette vérité dans tout son jour.

C’est une choie bien étrange que 1a maniéré dont on forme aujour-d’hui les armées. La guerre se déclare ; on résoud dans le cabinet desministres, qu’il faut attaquer l’ennemi fur tel point, 6c se défendre surtel autre. Voilà par conséquent des armées à former, des généraux àchoisir. Comment cela se fait-il ? Le département de la guerre , si c’estce département qui a k prépondérance du crédit dans le conseil du sou-verain , propose une arméejen Allemagne 8c une en Flandre. On obser-vera que souvent le ministre, qui est à 1a tête de ce département, nekit pas ce que c’est qu’une armée, ou que, s'il est militaire, rarementil arrive qu’il ait commandé des armées, encore plus rarement qu’il lesait bien commandées ; par conséquent il nc peut a (seoir un plan deguerre avec connoiíTimce dc cause. Cependant ce plan se kit. On lerésoud à former deux armées ; on décide, je suppose, qu’on agira offen-iivement en Flandre, 8c qu’on restera sur 1a défensive en Allemagne.Comment se détermine k force de ces deux armées ? On spécule quellesera h quantité de troupes que l’ennemi pourra opposer dans chacun

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