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Tome second.
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DE T A C T I Q_U E. Partie II. 3 s>

de ces. points. On dit, l’ennemi aura une armée de soixante mille hom-mes en Flandre , saisons-en une de quatre-vingt Sc agissons ossensive-ment dans cette partie ; il en a une de soixante en Allemagne, for-mons-y en une de quarante , Sc tenons-nous-y fur la défensive. Onnomme ensuite les corps qui doivent composer les armées ; une méchante.réglé de proportion ou plutôt de routine, veut que l’armée étant detant de milliers d’hommes, il y ait tant d’infanterie , tant de cavalerie,tant de troupes légeres , tant d’artillerie,. On choisit les généraux , onentre en campagne, les généraux la plupart du temps, comptant furle nombre bien plus que fur la science, n’ont ni paix ni relâche qu’ilsn’aient obtenu des renforts. C’est aujourd’hui pour couvrir un point àla protection duquel leur armée ne peut atteindre ; demain ce fera pour,s’opposer à une diversion , qui souvent n’auroit pas eu lieu s’ils avoientferré la mesure à l’ennemi ; cette fois c’est parce que l’ennemi a troiscens pieces de canon 6 c qu’ils n’en ont que deux cens. Une autre fois,c’est parce qu’il a quinze mille hommes de troupes légeres Sc qu’ilsn’en ont que dix. Ils ne sentent pas qu’ayant moins d’artillerie ils ontmoins d’embarras, que leurs deux cens bouches â feu bien employéeséquivaudroient facilement aux trois cens de l’ennemi, que pour rendreces dernieres inutiles il n’y a qu’à faire vis-à-vis de lui une guerre dcmarches Sc de mouvemens. Ils ne sentent pas que l’ennemi ayant quinzemille hommes de troupes légeres, Sc ces troupes légeres étant constituéescomme elles le font aujourd’hui, il est assoibli par cette efpece de trou-pes , qu’il n’y a qu’à , pour lui ôter cet avantage apparent , éviter laguerre de détails Sc la faire toujours en masse. Ils ne sentent pas enfinque le grand art de la guerre , c’est de suppléer au nombre plutôt quede l’augmenter , d’engager les actions avec l’arme dans laquelle on estsupérieur, Sc d’appuyer ou de refuser celle dans laquelle on est le plusfoible. Réciproquement Sc en se modélant les unes lur les autres, lesarmées s’augmentent donc à un tel point, que les généraux ne savent pluscomment les manier , les pays comment les nourrir , les gouvernemenscomment les entretenir Sc les payer. Des généraux plus éclairés feroientmôme obligés de fe conformer à la routine établie, Sc de demander desarmées nombreuses. Car est-il en Europe des troupes citoyennes, destroupe? qui, par leur constitution, leur eíprit, leur valeur , leur sobriété,leur aptitude aux travaux, leur science de manoeuvres, soient si décisive-ment supérieures à celles des états voisins, qu’on puisse dire, avec qua-rante mille hommes j’oserai tenir campagne , Sc campagne offensive con-tre soixante mille ! Y a-t-il des troupes qui aient assez de confiance dansleur courage , dans leur tactique , dans leurs généraux pour regardercomme un embarras Sc un affoiblissement tout nombre au delà des pro-portions raisonnables, pour ne pas être étonné d’entrer en campagne vis-a-vis d’une armée supérieure ? Y a-t-il en Europe des généraux auxquelsles gouvernemens abandonnent assez d'autorité pour qu ils puissent à l’a-Vance acquérir cette confiance St l’inspirev , en formant à cet effet des