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Tome second.
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DE TACTIQUE. Partie II. 7?

Soit une armée, instruite des ressources qu’offre la tactique exposéeci - devant, dans le cas de vouloir attaquer l’ennemi ; elle se met enmarche dans Tordre ordinaire, & se porte à vue de lui. Là le généralqui la commande, reconnoît, de la tête de son avant-garde, la positionde Tennemi, & la dispoíìtion par laquelle il compte la défendre. S’iltrouve un point foible dans Tune ou dans l’autre , c’est fur ce pointqu’il forme rapidement fa disposition d’attaque. S’il n’en trouve pas,il se met à manoeuvrer vis-a-vis de lui, il cherche à lui donner lechange ; il emploie toutes les ressources du terrein 6c de la tactiquepour lui faire illusion fur son projet ; il feint un mouvement offensiffur une de ses ailes, pour lui faire dégarnir son centre ou Ion autreaile, Lc y former une attaque réelle. Là il lui présente des colonnesà distances ouvertes ; ici il lui en présente à distances serrées. II faittant en un mot que, si cet ennemi n’est pas aussi habile que lui, ilprend le change, abandonne ou occupe un poste qui le met en prise,ou bien s’affoiblit fur un point, soit en y laissant trop peu de Tarmepropre à le défendre , soit en y laissant les troupes les moins bonnesde son armée , Lc alors cette faute est saisie, le général, habile 6c ma-nœuvrier, porte sur le champ ses efforts fur cette partie foible. Si enfinTennemi ne fe met en prise, ni par fa position, ni par fa disposition ,alors le général sc trouve n’avoir rien engagé, il se retire, prend uneposition, & attend une occasion plus favorable.

Nous n'avons pas, il faut en convenir, la moindre idée de ce genre deguerre, de cette maniéré de reconnoître Tennemi avec toutes les forcesd’une armée, de lui présenter le combat, de T induire à une fausse ma-nœuvre 6c d’en profiter avec rapidité. Nous ne savons guere prendredes ordres de bataille momentanés Lc combinés fur la circonstance; nousignorons, pour tout dire en un mot, l’art de manœuvrer les armées. Sinous l’avions connu, q ue de batailles nous avons perdues qui ne se fussentseulement pas données! Je n’en citerai qu’une dont T exemple Lc le mal-heur sont bien frappans pour la nation.

Notre armee part du camp de Mindcn avec une disposition combinéedès la veille sur une reconnoiffance faite dans la matinée. C’est notredroite, considérablement renforcée , qui doit attaquer la gauche de Ten-nemi , qni, dans cette reconnoiffance, avoit été trouvée foible 6c suscep-tible d’attaque. On débouche daris une grande plaine, Lc vis-à-vis unelongue lisière de bois, derrière laquelle étoit cachée la disposition dcTennemi. Suivant la routine établie , on sc met en bataille, on étaledeux lignes dont Tennemi peut à loisir compter la force ; au lieu dumoins de laisser ces lignes en arriéré, Lc d’en dérober la foiblesse à Ten-nemi à la faveur du pays coupé qui étoit à T entrée de la plaine, onporte ces lignes en avant, on les aligne fur la droite qui étoit chargéedc T attaque. On porte même une partie du centre en avant de cet aligne-^ent 5 Lc presque fur la lisière du bois qu’occupe Tennemi. On obser-

ia encore que cet ordre de bataille devoit être pris au point du jour ,

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