DE T A C T I Q^U E. Partie II.
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CHAPITRE XIV.
application de la Taélique exposée ci-deffius , aux ordres de bataille défensifs.
Hèceffité de faire connaître cette application aux Troupes 13 auxOfficiers généraux.
J^'isr considérant tous les ordres de bataille, relativement à l’objet offen-sif 5 j’ai démontré les avantages qui pouvoient résulter de la combinai-son des marches 6c des déploiemcns, soit pour tromper l’ennemi sur laforce des colonnes 6c fur le point d’attaque , soit pour prendre rapide-ment une disposition. J’ai fait voir que ces avantages devenoient immen-ses, lorsque l’armée attaquée faisoit, suivant la routine ordinaire, sa dispo-sition à l’avance, 6c étaloit ses lignes fur la disposition qu'elle devoitdéfendre ; car alors le général attaquant arrive avec son avant-garde,reconnoît cette disposition, compte le nombre 6c l’especc de troupes quidéfendent chaque point, 6c détermine son ordre de bataille cn conséquence.
Ce seroit une science fort imparfaite que celle de la tactique , si ellen’offroit pas à P armée qui est fur la défensive , le moyen de balancer cesavantages. Elle les offre, 6c elle est en cela comme l’art des mines,comme celui de l’attaque 6c de la défense des places. Egalement suscep-tible d’être employée par les deux partis , c’est à celui qui la possede 6cqui l’applique le mieux, qu’elle rend les services les plus décisifs.
Supposons un général habile 6c tacticien dans la nécessité de recevoirune bataille, il ne démasquera sa disposition de défense qu’après qu’ilaura reconnu les points où l’ennemi veut faire effort. 11 tiendra son arméeen colonnes fur le champ de bataille qu’il devra occuper, afin de nedéterminer la répartition de ses troupes que fur celle des troupes de l’en-nemi. II opposera enfin finesse à finesse 6c manœuvre à manœuvre; c’est-à-dire qu’il sera continuellement en mouvement devant l’ennemi, qu’ilcherchera à le jétter dans l’irrésolution, à l’induire en erreur, à lui faireillusion fur le nombre 6c fur la disposition de ses troupes , à lui présen-ter un point dégarni en apparence, afin de l’engager a diriger son atta-que sur ce point, c’cst-à-dire même, qu’il ne sc bornera pas toujours àune simple disposition défensive , 6c que , si l’ennemi se met en prise surquelque point, il saura faire sur lui un contre-mouvement offensif.
Il n’est pas question ici de ces positions défensives , tellement avanta-geuses que le terrein y réduise nécessairement l’attaque à un point ; caralors, comme il ne peut y avoir d’inccrtitudc fur la partie où il est néces-saire de porter ses plus grandes forces, il n’y a pas d’inconvénient àdéterminer son ordre de bataille à l’avance. Mais il n’cn est pas de-mêmedans les positions qui font susceptibles d’être attaquées fur plusieurs points;car là , pour qu’il n’y ait pas un de ces points dégarni, dans le tempsque les autres seront inutilement occupés par un trop grand nombre de