7 8 ESSAI GENERAL
troupes , pour que Pennemi ne puisse pas engager fa partie forte contreune partie foible , il faut ne déterminer fa disposition que fur celle dePennemi ; il faut occuper les points d’attaque par des tètes de troupes,Sc tenir derrière 8c entr’eux le reste de son armée en colonnes, asm deporter fes forces où Pennemi portera ses efforts, Sc quelquefois où il femettra en prise Sc fe rendra susceptible d’être attaqué lui-même ; il fautà plus forte raison, dans les positions de plaine, ne déterminer son ordrede bataille que fur celui de Pennemi, puisque dans ces positions, c’cst lenombre des troupes, c'est une aile plus ou moins forte, c’est telle outelle arme rendue supérieure dans une partie de P ordre de bataille, quidécident du succès de Faction.,
Que fera cependant le général ennemi ? II verra des têtes de troupesdansTes principaux,points de la position qu’il veut attaquer, Sc au lieud’une armée en bataille Sc disposée pour se laisser compter Sc battre ,cette armée partagée en colonnes dont il ne pourra juger ni la profon-deur ni l’objet. Manoeuvrera-t-il ? Cette armee manœuvrera aussi. Cher-chera-t-il à lui donner le change ? Elle se tiendra en garde contre lui,elle cherchera à lui faire illusion à son tour. Se décidera-t-il à attaquerun point, Sc réunira-t-il fes forces pour l'emporter ? Les forces de cettearmée fe réuniront pour le défendre. Entre deux armées pareilles, ce feraenfin à qui l’emportera de génie Sc de célérité dans les manœuvres.
Cotte application de la tactique a la défensive, est encore plus incon-nue Sc cependant non moins importante que l'application aux ordres debataille offensifs. J’ai dit combien , faute de cette derniere, les arméesattaquantes avoient perdu de batailles. J’ a î ojte a cet égard une occasionmoderne Sc sensible. Hoschtett Sc Ramillies montreraient des arméesbattues, pour avoir mal-adroitement étalé les premieres leur disposition,6c invité par-là Pennemi à combiner avantageusement une dispositionoffensive íur elles. Ondoit donc s’occuper essentiellement de l’ovdre défen-sif dans le camp d’instruction. II faut qu’on y familiarise les troupes Scles officiers généraux. C’est fur-tout lorfqu'on partagera l’armée en deuxcorps,qu’on peut donner à cet égard des leçons très-vraiscmbkbles.
Quand je dis qu’il faut familiariser les troupes avec cette maniéré deprendre les dispositions défensives, c’est qu’elle les étonnerait beaucoup,si on venoit à l’employer à la guerre fans que des exemples raisonnés eneussent fait connoître les avantages- à la paix. On est généralement dansl’opinion qu’une armée qui doit être attaquée, ne fauroit être trop tôtdisoofée en bataille. On est en conséquence dans la routine de formerfes lignes fur la position qu’on a choisie, avant que Pennemi ait fait íàdisposition. Or ne choqueroit-on pas les opinions Sc les usages, si Pennemidébouchant pour attaquer une armée , le général qui la commande lapovtoit en plusieurs colonnes fur le champ de bataille reconnu ; si là,foin de se mettre en bataille , d attendoit le parti que prendra l’en-nenri ; si enfin il combìnoit habilement qu’il lui suffit d’avoir achevé íàdisposition au moment que Pennemi arrivera fur lui ? II n’y a que l’ha-