DE T A C T ï Q^U E. Partie IL *3
sublime consiste, non à aller toujours cherchant des positions 6c recevantIcs combats, mais à faire fans cesse craindre l’offensive.à l’ennemi -, cCpour cela à manœuvrer, à le forcer d’en faire de même , 6c à épier lemoment où quelques fautes le divisent, le retardent, le mettent en prise,pour ensuite agir offensivement sur lui. Ceci est ún point trop intéressantpour que je ne le développe pas avec plus de détail.
Quel est le but des fortifications ? C'est de mettre tine troupe infé-rieure par le nombre, par le courage ou par la science des mouvemens,en état de résister à une troupe qui lui est supérieure en quelqu'un deces points. Donc toute fortification suppose des vues défensives, & n’estpar conséquent que le pis-aller de la troupe qui s’y renferme ; donc toutesles fois qu’un général íe sentira la supériorité du génie, ôc qu’il verra sestroupes plus nombreuses, 6c plus aguerries 6c plus manœuvrieres, il fegardera oien de mettre des retranchemens devant lui , il prendra l'offen-sive, il manœuvrera, il attaquera. Ou, si quelquefois il reqoit le combat,ce ne fera que parce qu’il aura mis l’ennemi dans la nécessité de le donneravec désavantage, ou parce qu’íl préméditera un mouvement qui, avantle combat ou pendant le combat même, lui rendra l’offensive qu’il auraparu abandonner.
Voyons ce qui arrivera à un général qui, fe trouvant inférieur à l’en-nemi , fe conduira différemment, 6c suivant les principes visités dans lesarmées modernes. S’il prend le parti de construire des lignes 6c de femettre derriere elles, pour peu que son ennemi sache manœuvrer, ellesferont tournées, surprises, percées, 6c je n’ai pas besoin de dire pourquoielles ( le seront, tant d’exemples 6c de raisons reconnues rendent cetteconséquence sensible. S’il se jette dans une position excellente, 6c donttout le front soit couvert par une continuité de retranchemens, il fe lierales mains, il ne sera plus en messire de faire craindre l'offensive à l’ennemi ;il jettera dans son armée l’esorit de timidité 6c de découragement ; il n’oserafe compromettre hors de fa position. Je veux que l’ennemi ne puisse l’at-taquer de vive force dans fa citadelle ; il le désolera par des courses surses flancs, fur ses communications, fur le pays qui l’intéresse ; il Rap-prochera de lui, il le resserrera, ill’affiégera; offensif 6c mobile,il prendrafur cette armee ainsi retranchée, tous les avantages que l’assiégeant afur l’aíliégé, 6c fur des ouvrages qui font immobiles êc défensifs ; il iraà elle par tranchée, il fera converger sor quelques points de cette posi-tion , tous ses feux 6c ses efforts> il l’obligera, ou à l’extrémité fâcheused’abattre ses retranchemens, 6c de venir présenter un combat désavan-tageux, ou à celle de mettre bas les armes, ainsi que Pont fait les Saxonsà Pirna , ainsi que l’auroit fait Pierre, fur le Pmth, fans l’adresse dela Czarine.
Mais je veux que, revenu avec son siecle du préjugé qui existoitautrefois en faveur des lignes 6c des camps retranchés, il ne prenne niune ni Pauvre de ces défensives. S’attachera-t-il à ne sc présenter à-ennemi que dans des positions couvertes par plusieurs points retranches,
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