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Tome second.
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84 ESSAI GENERAL

comme redoutes, batteries, villages, abattis, &c. faisant en quelque sortede son armée la courtine de ces bastions ? C’est aujourd’hui 1 a granderoutine de la défensive moderne, routine fans doute préférable a cellequ’elle a remplacée, mais sujette elle-même a beaucoup d’inconvéniens,1°. en ce qu’elle réduit l’avmée quis’en sert, à k défensive, & q Ue c’estdéja une eípece d’échec, de recevoir k loi des dispositions de l’ennemi,d’être fans cesse occupé à parer, Sc de n’être pas tn mesure de lui portercoup à son tour ; 20. en ce que l’ennemi ne court jamais aucun risquedécisif en attaquant une armée airtsi postée. Battu, il se retire, & il estrare qu’avec des précautions bien prises il craigne la poursuite. Vain-queur, il peut rendre sa journée complette, parce qu’il déborde Sc prendae revers les postes occupés; ainsi fut pris Hochstett; ainsi l’auroit peut-être été Autoin Sc une partie de l’armée du maréchal de Saxe , si lesbonnes dispositions des ennemis avoient soutenu ce que le hazard leur sirentreprendre; 30, en ce que de deux choies Tune: si les points fortifiésfont trop éloignés T un de l’autre, comme à Fontenoy, à Lauffelt, àRocoux, l’ennemi passe entre deux , ou bien fait, vis-à-vis chacun deces points, une disposition qui les enveloppe à demi de batteries Sc deforces supérieures, les emporte, met a découvert l’armée qui les sou-tient , Sc gagne k bataille. Si ces points fortifiés font rapprochés aupoint de se protéger Sc de se flanquer mutuellement, cette position re-tombe dans l’inconvénient des camps retranchés; toute l’armee se trouveemplacée dans des points où elle est réduite a k défensive k plus paflìveSc k plus inégale. Si l’un de ces points est forcé, comment rétablir lecombat ? 11 ne reste point assez de troupes, point d’assez grands effortsà employer pour challer l’ennemi du bastion où il s est établi, Sc de kcourtine lu r laquelle il se sera bientôt étendu ; Sc que deviennent alorstoutes les troupes emplacées dans des postes où elles sont débordées ,prises à revers, & d’où elles ne peuvent plus sc retirer qu’avec peine ?40. Cette défensive, fondée fur des positions retranchées, est enfin con-traire à toutes les grandes vues de k guerre, elle n’adu moins certai-nement jamais été k maniéré des grands hommes. On n’a qu’à récapi-tuler les batailles qu’ils ont données, ils ont presque toujours attaqué ;Sc s’ils ont reçu des combats, ce n’a presque jamais été derrière desretranchemens. N

II ne résulte pas delà qu’il n’existe quelques occasions ou une arméepuisic sc retrancher. Je blâme l’abus qu’on fait des positions retranchées,8c non Tissage qu’il est quelquefois à propos d’en faire. Si, par exemple,Une armée inférieure occupe une position importante, Sc par laquelleelle traverse absolument les projets de Tennemi; si, voulant couvrir unsiégé, un pays, une opération, elle trouve une de ces positions uniques,qui ne laissent à l’ennemi ni k ressource des manœuvres , m celle desdiversions, 8c qui l’obligent nécessairement à venir attaquer dans cetteposition ; si enfin Tavantage qu’on trouvera à y recevoir la bataille,est plus grand que celui qu’on le procureroit en allant au devant de Ten-

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