86 ESSAI GENERAL
cas d’en construirei ils font, dans cette circonstance, le moyen principalSc primitif de la défensive.
Par une conséquence du raisonnement posé ci-dessus , il ne faut pas queles postes ou corps détachés s’occupent de fe retrancher, lorfqu’ils sentsimplement destinés à servir de malque , à couvrir une pì Us g^nde éten-due de pays que celle qu'ils peuvent occuper : dans le premier cas leurbut n’est pas de combattre, mais d’avertir > dans le second , il est inutile
de retrancher quelques points , puifqu’ils ne pourvoient tout défendre Scqu’ils ne serviroient qu’à indiquer à l’ennemi ou d faut qui cheiche a.percer. C’esten manœuvrant, en se tenant sans cesse en mouvement lelona de la ligne de défense qu’on a choisie , qu on peut efperer de s op-poser à lui Dans l’un Lc dans l’autre cas enfin, tout poste ou corps detroupes qui prendra le parti de se retrancher, c’est-à-dire, celui de s’é-tablir dans une position Sc de s’y arrêter plusieurs jours , s’exposera às’y faire attaquer avec avantage, parce qu’il donnera -à l’ennemi la ten-tation 6c le temps de combiner un mouvement offensif fur lui. Cecin’exclut pas l’excellente maxime de passer les nuits dans la meilleureposition possible, de rendre, si l’on est à portee de l’ennemi, cette positionencore meilleure par quelques retranchemens, places non de
maniéré a
faire de la position une position de combat, puisou’on ne veut pas enrecevoir, mais à donner le temps de se rassembler, de rappelles ses postes,à couvrir Sc à faciliter la retraite.
Enfin, savoir à propos sc retrancher, ou ne pas se retrancher, distin-guer les occasions où des retranchemens peuvent être utiles, inutiles ouFunestes, les combiner, quand on a résolu d’cn construire, avec l’objetqu’on fe propose, avec ce qu’on peut faire ue ses troupes, avec ce quepeut l’ennemi, 6c pour cela ne pas en abandonner la détermination à uningénieur, si cet ingénieur n’est en même temps homme de guerre Lctacticien : voilà le devoir des officiers qui commandent des troupes à laguerre : il fout pour cela qu’ils aient les connoissances nécessaires, il fautqu’à cet effet if soit établi dans les troupes des écoles 6c des écoles depratique, bien plus que de théorie , pour la construction, l’attaque Lcla défense des fortifications de campagne. Je dirai dans mon grand ouvragefur quel plan devront être formées ces écoles, quels objets l’instiuctiondevra y embrasser. Je prouverai qu’en six mois un officier pourra acqué-rir les connoissances indispensables fur cette partie de la science militaire..Ce seront ensuite, s’il est né homme de guerre, l’expérience, les occa-sions la fermentation d’esprit qui naît toujours de la vue des choses 6cdes événemens, quand on a quelques lumières acquises, qui Raffermirontdans ces connoissances Lc lui apprendront a en faire usage.
Je viens de chercher à établir le véritable rapport que les fortificationsde campagne doivent avoir avec la tactique 6c avec les opérations mili-taires : examinons maintenant l’influence que la grande fortification, la
furjufqu’à
fortification permanente, c’est-à-dire, les'places de Guerrese système militaire de l’Europe. Cela nous conduira a chercherjusqíà