DE T A C T I Q_U E. Partie II. §;
la colline du Capitole , en attendant qu’un citoyen rassemblât les dé-bris de la nation , 6c vînt chasser les vainqueurs.
Résumons, le plus brièvement possible, ce que je pense fur les placesde guerre. Elles íe font trop multipliées, elles font comptées pourbeaucoup trop dans la balance des forces des Etats, 8c dans le systèmeactuel de guerre. Elles ont rendu les guerres plus mineuses, en ce qu’ellesont obligé de renforcer 6c de multiplier les armées ; elles les ont rendumoins savantes 6c moins décisives, en ce qu’elles ont fait négliger lagrande tactique, Part des batailles, en ce qu’elles ont, en général, ré-tréci les vues 6c les opérations militaires. D’un autre côte, elles ontrendu les guerres plus douces, elles empêchent les incursions , les dé-vastations ; elles peuvent, bien défendues , empêcher ou retarder lesconquêtes : elles ne procureroient peut-être pas ces derniers avantages,si les armées étoient différemment constituées, si un nouveau genre deguerre étoit substitué à la routine adoptée ; mais cela n’étant pas, ilfaut compter les effets qui existent. Enfin, politiquement parlant, lesplaces font nécessaires à la plupart de nos gouvernemens, elles le feroientmoins en proportion de ce qu’ils feroient plus libres, plus vigoureux,plus vertueux, plus aimés des peuples ; elles le font davantage en raisonde ce qu ils s’éloignent plus de ces qualités.
II me reste â dire comment les places peuvent être le plus avanta-geuses a un état. C’est quand, par exemple, les débouchés fur la fron-tieie ie ìeduuant à quelques points, ces places les occupent 6c les dé-fendent; c est quand la frontière fe trouvant, par la nature du pays,ouverte qc fans obstacle, elles sont assises fur quelques points principaux,comme nvieres, confinent de rivières, &c. c’est quand, quelque partqu’elles soient assises 5 e fi es sont grandes, capables de contenir des ma-gasins, des arsenaux, des entrepôts d’armée ; c’est quand, étant ainsi ,elles font fortifiées de maniéré à recevoir de grosses garnisons, des dé-bris d airnee, 6c cependant, au besoin, à pouvoir fe défendre avec peude troupes; c est, en un mot, quand elles font des places d’armcs, despoints d entrepôt 6c d’appui, des bastions dont une armée bonne 6cmanœuvriere est la courtine, ou en avant defquels cette armée peut agiroflsensivement avec la sûreté d’en retrouver l’appui en cas d’echec ; ouenfin que cette armée peut abandonner à leur propre force, en attendantles circonstances favorables d’attaquer Pennemi qui les assiégé.r n re ^ iens à dire qu’il faut que les places soient en petit nombre ;i elles sont multipliées, il faut fe consumer en grosses garnisons poures gaider, ce qui oblige à ne pas tenir la campagne 6c à prendre ladetenlive ; ou, si l'on n’en met que de foibles, Pennemi les menacetoutes, manœuvre, dérobe un mouvement, 6c finit par investir cellesplaces Auvent dépourvues; au lieu de cela, si l'on n’a qu’une ou deuxrei^pm? _ cou vrir, on peut ne pas les perdre de vue , primer toujoursfembWs 'r’.f ■ cune d’ctles, & lui tenir tête avec toutes ses forces raf-C1 ticnt a l’opinion que j ’ai établie ci-deíìus, que la guerre