5 4 ESSAI GENERAL
en grand, la guerre de campagne doit toujours être l’objet principalparce que c’est le fort des armées qui réglé celui des places.
Je reviens de même à dire qu’il faut que les places soient grandes,de maniéré à pouvoir servir d’entrepôt 6c d appui aux armées ; íi ellesPont petites, si elles font comme toutes nos places du second Lc troisièmeordre, elles Vont inutiles, elles ne font pour les armées ni des points deretraite, ni des points de ralliement, ni des points Rétablissement. Queî’ennemi les assiégé, elles- ne peuvent manquer d’être prises z qu’il n eveuille pas les assiéger, il lui est aisé de les masquer , il peut íouventmême, fans inconvénient, les laitier detriere lui. Met-on de foibles gar-nisons dans des places de cette nature ? Les ouvrages abandonnés a ladéfensive de méthode font bientôt accablés par la supériorité de l’assié-geant. Y met-on des garnisons nombreuses? elles n’en sont souvent queplutôt prises, parce que ce nombre y devient embarras, parce que laplupart des commandatis ignorent l’art de fe créer des dehors fous lesapproches de l’cnnemi, 6c de profiter de la force de leur garnison pourrendre leur défense offensive. Enfin la grande 6c la décisive raison qu’onpeut donner contre cette forte de places, c’eít qu’il est tout au moinsinutile de les construire à, l’avance 6c à grands frais} c’est qu’à la guerreil feroit possible de suppléer à l’objet momentané qu’elles remplissent,par des postes fortifiés momentanément. A-t-on besoin d’un entrepôt,d’une tête de quartier, d’un point pour soutenir une communication,pour défendre un débouché? Qu’on choisisse une ville, un village, unehauteur, un terrein avantageux, qu’on emploie beaucoup de bras à s’yretrancher > dans peu de jours on va en faire un poste ou de bonnes troupes6c un homme de tête fe soutiendront assez pour donner le temps à l’ar-mée de les secourir. Quels services rendent de plus les petites places■construites 6c entretenues à grands frais ? On peut être un siecle fansavoir occasion de faire usage d’elles, 6c alors on les laisse dégrader ; ou sion les entretient, voila, pendant un siecle , des dépenses annuelles quiforment des sommes considérables, 6c qui auroient pu être bien plusutilement employées -, cependant quand elles sont assiégées, si une arméene vient à leur secours, elles finissent par être prises ; ainsi, à quelquesjours près, les postes élevés en terre, tels que je les propose, rcmpli-roient l’obiet qu’elles remplissent. En un mot, ces derniers ont des avan-tages que les places ne peuvent pas avoir : c’est que la cii constance dé-termine leur position, Lc par conséquent la détermine toujours bien plusconvenablement à l’objet du moment ; c’est que la circonstance ayantchangé on abandonné le poste, ou on le rase pour en aller faire unautre ailleurs} c’est qu’on fait son poste proportionnément à l’objet qu’onveut qu’il remplisse , au nombre de jours qu’on veut qu’il tienne, aunombre ou à l’espece de troupes qu’on peut y mettre, à la force 6c àl’habileté de l’ennemi qu’on a devant foi} c’est qu’enfin l’officier qu’oncharge de la défense du poste, préside en même temps à sa construc-tion f la dirige suivant ses vues de défensive 6c les moyens, tandis qu’au