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Tome second.
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I0O ESSAI GENERAL

le terrain n’est jamais que l’accessoire , & que l’arme est toujours leprincipal » il faut enfin qu'ils n’aient point la prétention avetigle decroire que toute la science de la guerre & la sublimité du métier rési-dent dans leur travail de cabinet.

Pour que cela fût ainsi, comment faudroit-il choisir i es officiers deVétat-major ? Ce devroit être parmi des hommes qui eussent l’habitudedes détails 8c des mouvemens de toutes les armes ; parmi les officiersmajors, ou supérieurs des corps ; parmi ceux d’cntre eux , qui ont leplus d’intelligence , le plus d’a&ivité , le plus de sagacité 8c de justessedans le coup-d’œil. Comme ensuite c’est un talent que de bien recon-noître un pays, Lc que ce talent est fondé fur une théorie dont il estimportant d’acquérir la pratique , ces officiers formeroient, en temps depaix comme en temps de guerre , un corps d’état-major permanent.Ce corps seroit sous la direction d’un officier général qui luí-même join-droit aux talens les plus décidés pour la grande partie de la guerre, lascience & l’habitude de remuer toutes les armes qui entrent dans la com-position d'une armée, qui par conséquent ne regarderait pas la tactiquecomme une science minutieuse 8c subalterne ; sous la direction d’un of-ficier général, en un mot ; car la dénomination de ce grade , qui tropsouvent ne tient presque rien de ce qu’elle promet, signifie un hommequi , par son étude Lc son expérience , a embrassé toutes les partiesde la guerre , 8c qui connoît l’analogie qu’elles doivent toutes avoirentr’elles.

Où se tiendroient les écoles destructions de cet état-major ? Ce se-roit au milieu des troupes, dans les grandes garnisons, dans les campsde paix. Là, plus de supputations idéales, 8c que la pratique ne peutpas éclairer ; la , les grandes opérations de la guerre , comme marches,ordres de bataille , scroient mises à exécution , Lc combinées avec leterrein ; là , conséquemment la tactique seroit enseignée , c’est-à-dire ,la tactique , telle que je l’ai définie : La science de toutes les parties de laguerre ; là, les officiers d’état-major acquerraient de plus en plus l’ha-bitude de manier les troupes, se fortifieraient le cou p-d’œil contre lesillusions que produit k multitude , contre les différences d’un terreinnud , ou couvert de troupes ; là enfin, ces officiers se familiariseraientde plus en plus avec les troupes, au lieu de tendre à s’en séparer, aulieu de les regarder comme des ressorts purement méchaniques, ainsiqu’ils le font aujourd’hui.

Qu’on compare une telle école d’état-major, à celle que, depuis lapaix, nous tentons de former. Dans cette derniere, ce sont quelquesofficiers, dont k plupart ignorent 8c dédaignent les premiers élémensde la tactique, qu’on envoie faire des reconnoissances íuv les frontières ;ceux, dans lesquels on a le plus de confiance , ont la permilfion de joindreaux rapports qu’ils font de ces reconnoissances, des mémoires militaires,d es systèmes d’opérations offensives ou défensives ; les autres sont dejeunes officiers designés fous le nom d’éleves. A ces derniers on ne de-