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Tome second.
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104 ESSAI GENERAL

à plus forte raison, que les généraux le seroient, Lc alors les arméesferoient plus manœuvrieres : quand je dis les armées, j'entends des ar-m ées en masse, Lc non morcelées par corps 8c par détachemens. Ellessauroient exécuter des marches à portee de 1 ennemi, prendre des ordresde bataille, Lc gagner des batailles par manœuvres. A mesure qu’onferoit davantage la guerre de mouvemens, on s’écarteroit de i a routineactuelle ; on reviendroit aux armées moins nombreuses Lc moins surchar-gées d’embarras ; on rechercheroit moins ce qu’on appelle des positionscar les positions ne doivent jamais être que la derniere ressource d’unearmée manœuvriere Lc bien commandée. Quand une armée fait manœu-vrer, Lc qu’elle veut combattre, il est peu de positions qu’elle ne puisseattaquer de revers, ou faire abandonner d l’ennemi. Les positions, enun mot, ne font bonnes à prendre que quand on a des raisons pour nepas chercher à agir , ou qu'elles font de telle nature qu’elles réduisentl’ennemi à les attaquer avec désavantagé, ou a manquer ses opérations.Ceci mérite d’êtrc développé avec plus de détail.

Qu’est-ce en effet qu’une bonne position ? c est un vaste développe-ment de terrein, dont le front Lc les flancs fournissent des emplacemensavantageux à l’armée qui doit les occuper , cc présentent à l’ennemi quivoudroit l’en déporter, des obstacles difficiles a vaincre. Mais que feracette position, quelque bonne qu elle soit, a un ennemi habile Lc ma-nœuvrier? Ne peut-elle pas etre tournée de lom , si ce n’eft de près ;Lc alors l’armée , qui l’occupe, n est-elle pas obligée de l'abandonner?Cette position, formidable par devant, rest-clle par derrière ; Lc atta-quée par ce dernier côté, ne peut-elle pas devenir désavantageuse ? IIest rare que la nature présente de ces positions a double front, danslesquelles une armée puisse être également bien postée fur l’une ou furP autre face. Telle est même la routine des idées reçues, que, commeon n’a pas encore vu d’armée attaquée par derrière, on ne songe pas quecela puisse être. Rien n’est cependant plus possible.

Supposons, d’un côté, une armée surchargée d’embarras, mal habileà manœuvrer, telle enfin que sont les nôtres ; Lc, de l’autre, une arméebien constituée, manœuvriere, commandée par un général qui ait mé-dité toutes les ressources de la tactique. L’une cherchera des positions,y mettra toute fa confiance j se remuera difficilement, Sc avec lenteursfera enchaînée par ses méthodes de subsistance; fe croira perdue, si ellen’a pas toujours ses établissemens bien exactement derriere elle. L’autrefera légère & maniable, capable de mouvemens hardis, de marches ra-pides Lc forcées ; elle sera toujours fur l’offensive, ne Renfermera presquejamais dans des positions, Lc méprisera celles qu’on voudroit lui opposer.'L’ennemi croira-t-il l’arrêter par une de ces positions prétendues inex-pugnables? Elle saura lui dérober un mouvement, ou même, sans leíui dérober, se porter, à fa vue , fur son flanc ou derriere lui. Pourçxécuter ce mouvement, elle portera, s’illefaut, des vivres pour huitjours, Lc se passera de ses établissemens. Que fera l’ennemi, étonné de

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