• U
106
ESSAI GENERAL
TROISIEME MEMOIRE.
Rapport de la science des subsistances avec la guerre , E-? parti-culièrement avec la guerre de campagne. Examen de la maniérédont nous saison s subsister nos armées.
Ç^/’est une branche importante de la vaste science de la guerre rqual’avtde pourvoir à k subsistance désarmées. Cet art, comme tousles a ut res , a eu Tes révolutions ; il a , suivant les temps , varié dans sesdétails SC dans ses principes. Je vais faire ici l’examen intéressant de cequ’il a été dans les principaux âges de l’antiquité , Sc de ce qu'il estdans le nôtre.
On ne voit pas dans l’hiíloire , mais il est aise de concevoir, commentpouvoient Sc dévoient subsister ces petites armées des républiques grec-ques , faisant k guerre à-quelques lieues de leur territoire ; Sc quelle ef~pece de guerre ! Des incursions de quelques jours, faites pendant ksaison .des récoltes , Sc terminées ordinairement par une bataille , à kfuite de laquelle les deux parties alloient réparer leurs pertes, Sc cultiverleurs champs.
L’histoire nous laissé également fans lumières, 8c il est plus difficiled’y suppléer lu r k maniéré dont subsistèrent ces armées, quand l’ambi-tion des états de k Grece, augmentée avec leur puissance, les fit plusnombreuses,. Sc les porta à k conquête des istes voisines Sc dc quelquesparties de 1a côte d’Asie. On voit seulement qu’alors le soldat , qui com-battoit auparavant gratuitement, eut une solde réglée. L’histoive dit quecette solde étoit toute en argent, Sc elle en marque lc montant. Lesoldat étoit-íl chargé ensuite , au moyen de cette paye , de pourvoir àíà nourriture. ? Comment y pourvoyoit-il ? L’armée formoit-elle des ma-gasins? Voila ce que nous ignorons. Je pourrois donner des conjecturesìur tous ces objets ; .mais il est inutile de hasarder des. conjectures où.manquent les lumières.
Oh fait bien moins encore comment subsistoient ces multitudes presquefabuleuses avec lesquelles les rois de Perse tentèrent d’envahir la Grece.Elles étoient si nombreuses, elles traînoient à leur fuite une si grandequantité d’attirails & de bêtes de charge , qu’elles mettoient à sec , ditl’hiperbolique Hérodote ,. les rivières auprès defquelles elles íejournoient ;Sc que la disette Sc 1a peste s’établissoient après elles dans le pays où ellesavoient passé. On peut conclure delà que ces armées vivoient,’ au hasard5c sans méthode , des moyens que leur offroit le pays ; Sc ce qui le con-firme , c’est que leurs expéditions n’étoient que des incursions. Ces inon-dations armées avoient le cours des torrens, éc s’écouloicnt comme eux.