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Tome second.
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DE T A C T I Q^U E. Partie II. iop

te conservant toujours fa communication avec ce premier entrepôt, ils’avance dans le pays, y établit des postes par échelons, s’emparc de laville A'Àdrumettum, en fait un second entrepôt, y forme des magasins,puis, ayant reçu des renforts, abandonne fa première position , en prendune seconde plus offensive, fait des détachemens 8c des établissemens plusaudacieux, oC enfin, toujours harcelé 8c toujours vainqueur, se soutient,est joint par toutes ses forces, les déploie alors, bat les lieutenans dcPompée, dissipe leur armée, pacifie l’Afrique, & termine ainsi la cam-pagne la plus glorieuse te la plus périlleuse qu’il ait faite.

César descendoit avec une armée cn Afrique, te il n’y portoit nivivres, ni attirails : en cela il se conduisoit en grand homme, Sc non enavanturier j il calculoit qu’il descendoit dans un pays abondant, peuplé,rempli de villes ouvertes ou foiblement fortifiées; que, dans de tels pays,une armée peu nombreuse Sc bien conduite trouve toujours à vivre, nefût-ce que des denrées que la prudence fait tenir cn réierve aux bouchesqui l’habitent. II calculoit qu'en faisant de longs préparatifs fur la côted'Italie, il donnoit le temps à l’Afrique de se rassembler, te de venirlui disputer le débarquement ; que les expéditions lointaines veulent êtreimprévues, hardies, rapides; Sc que, lorsqu’aux yeux du vulgaire ellesparoissent hasardées, l’homme de génie, qui les dirige, les tient souventpour les plus certaines. J’aurai occasion de revenir fur cela par la fuite.

Ces temps de décadence, qui minèrent l’empire romain, te les siéclesde barbarie qui suivirent sa chûte, n’offrent rien d’instructif sur aucunebranche de la guerre. Jusqu’à Pépoque de Nassau te de Gustave, lesarmées se battirent sans combinaison, te subsistèrent à peu près de même.Les campagnes étoient des especes d’incursions. On se répandoit dansle pays; on marchoit par corps, te en cantonnant. Si l’on se rassembloit,c’étoit pour quelques jours feulement, te afin de livrer le combat. Lepays subvenoit, comme ìl pouvoit, à la subsistance des gens de guerre ;te il n’y pouvoit pas fournir long-temps, à cause de l’extrême indisci-pline qui régnoit parmi eux.

Sous Nassau 8c sous Gustave, un nouvel ordre naquit dans les armées;les troupes apprirent à camper, à marcher, à combattre. Avec l’aus-tere discipline que ces grands hommes établirent, il fallut d’autres pro-cédés de subsistances. Les armées, rassemblées dans des camps, eurentbesoin de magasins. Gustave faiioit faire des distributions journalièresde pain 8c de viande à ses soldats. Dans les opérations forcées, elles ía-voient vivre plus sobrement. 11 les avoir élevées à, se nourrir de tout,8c à jeûner lans murmure. Cet esprit subsista encore long-tcmps aprèslui dans les troupes Suédoises. Les nouvelles méthodes de subsistancesn’entravoient cependant point les opérations de Gustave, te des générauxhabiles qui lui succédèrent. Alors les armées étoient peu nombreuses ;elles ne traînoient pas à leur fuite une énorme quantité d’artillerie ted équipages. Le luxe n’avoit pas énervé les mœurs S c augmente lesbesoins. Avec ces petites armées, on pouvoit faire de grandes conquêtes.