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Tome second.
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T14 ESSAI GENERAL

guerre, que k France aura à soutenir, quand il faudra nourrir une ar-mée de cent mille hommes, hors du royaume, comment fera le mini-stère ? Où prendra-t-il des fonds ? Empruntera-t-il au nom du roi ? Tou-tes les bourses, qui s’ouvrent au nom d’un particulier connu, se fer-ment à ce nom sacré. Cependant il faudra nourrir cette armée. On seraforcé de revenir aux entreprises. On priera la compagnie, q u ’on a re-merciée, de reprendre l’administration. Elle s’en défendra, elle mettraen avant la destruction de son crédit ; l’impoffibilité de le faire renaître,par l’atteinte qu’on a portée à son existence que le public croyoitéternelle ; la dispersion de ses membres ; celle de ses employés : on in-sistera, elle obéira; & l’on s’estimera fort heureux de pouvoir passeravec elle un marché plus cher que l’ancien,'6c un marché à perpétuité.

Quelque certain qu’il soit qu’une régie bien administrée serôit plusavantageuse à l’état, qu’une entreprise, quelque honnêtement conduitequ’elle puisse être, on sera donc contraint de se servir de cette dernierevoie. Pour que cela ne fût pas, il auroit fallu, à la paix, en détrui-sant la compagnie des vivres , avoir calculé les moyens de la remplacer.II auroit fallu, en même temps qu’on l’a détruite, assigner des fondsannuels, 6c plus que fuffisans, aux dépenses de la fourniture des trou-pes, afin de former de cet excédent des réserves pour le temps de laguerre, 6c pour rembourser des emprunts par annuités , qu’on auroitfait alors fur la caisse de 1 a regie. IT auroit fallu jeter à Pavance, furtous les points, les fondemens de cette nouvelle administration; cher-cher, dans les débris de la compagnie, les sujets les plus capables, asinde les y attacher ; méditer comment, en tirant de cette régie le plusgrand parti possible, on créeroit, à la premiere guerre, un nouveauiystême de subsistances , moins compliqué 6c plus subordonné aux opé-rations militaires. II existoit dans cette compagnie des hommes laborieux.Sc éclairés, qui, revenus peu-à-pett de k routine de M. Duvernay ,eussent senti le but du ministère, 6c étendu les progrès de leur art. 11en existe un, (a) fous les yeux du ministre, qui ne fait pas ce que j’é-cris, 6c qui auroit pu conduire cette révolution , parce que je croisqu’il en sent la nécessité.

On s’est assoupi fur cet objet important, 6c quand on voudra sortirde cet assoupissement, il sera trop tard. La guerre nous menace, l’ar-gent nous manque , dix objets plus pressans occuperont à 1a fois le mi-nistère. II en est à peu près d’un état , comme d un particulier, 6cl’on peut appliquer à l’un , comme à l’autre, ce vieux proverbe : Ri-chcjse fait richesse. Un état est-il riche, 6c sur-tout bien ordonné? IIpeut améliorer sa constitution, il peut exécuter des projets utiles. Est-st à un certain point de désordre 6c de ruine ? Tout augmente fa triste

(a) M. De l’Isle, ci-devant munitionnaire général des armées en Allemagne, char-gé depuis de la régie des vivres, pendant l’expédition de Corse, & maintenànt à latête des bureaux d’administration qui ont cté établis pour les affaires de cette isle.