de T A C T I Q^U E. Partie II. u f
situation : on ne peut presque point y proposer de changement qui soit bon,ou du moins qui soit facile. On íe peut bien moins encore, h, pourdernier malheur , on n’y a point de plan de régénération ; si tous lesaepartemens des ministres s’y croisent & s’y nuisent ; s’ils n’ont pas laìeífource de venir se raccorder à la volonté générale du souverain ; si. 7 e se > e q L * n i jp nombre &c l’entrelacement des abus , qu’onait abandonne le mal a ses progrès. Cette réflexion m’a un peu éloignédu but.
Mais ce n’est encore rien, que les inconvéniens pécuniaires attachésa notre lysterne de subsistances : il faut voir comment ce fysteme cou-trarie les opérations de nos armées. ' Ce dernier désavantage au reste ne, t j ent P 3S seulement a la mal-advesse de nos méthodes de íubsistance, iltient a la constitution de nos troupes, à nos moeurs, aux idées reçuesparmi nos geneiaux. Tous ces objets sont liés ensemble par des rap-ports dont u va etre intéressant de démêler l’enchaînement 6c les abus.
Depuis qu en F rance les détails de subsistance des armées ne fontplus entie les mains dés militaires, & qu’ils forment, en quelque forte,une branche particulière de connoissances, les militaires ne les étudientpas. A peine nommeroit-on dix officiers qui connussent les ouvragesqui en mitent. Pourquoi les étudier , dit-on ? N’y a-t-il pas des munì-tionnaiies . D un autre côté, ces derniers, flattés en secret de se voirimnes aux myst eres des opérations, & les faisant, à quelques égards,epen ìc eux , ue manquent pas de jeter des ténèbres fur tous cesoetai s. a pratique & la combinaison de ces détails composent sansfloute une lcience j mais ils en exaggerent l'importance Lc la difficulté,ds la uirchaigent de calculs. Ils s’environnent d’écrituves. Tout cet ap-paieii en impoíe aux hommes qui ne percent pas 1a surface des choses.
Un o ciei général cependant arrive au commandement des armées.I croît ce qu fl n'a pas étudié , un labyrinthe. II demande au muni-tionnane es résultats relatifs^ aux opérations qu'il médite ; mais dansie rond , celui-ci restant maître des détails , y étant seul initié , de-meure despotique dans sii partie. II demande à la cour la moitié plusu équipages, de vivres qu'il n’en faudroit, afin de mieux assurer son ser-vice. Peu lui importe que cette multiplicité d’attirails double les em-barras , & appesantisse l’armée. (a) II multiplie , à chaque pas , lesmagasins, sos établissemens. Tous ce s établissemens ne fe font pas aux
^ a } Dans les différens marchés d’entreprife , que le gouvernement apaisés avecdes compagnies de vivres , l’achat des attirails & équipages a toujours été an comptedu roi. II en a été de-même des pertes de magasins, des enlevcmens de convois, desdéchets, ou accidens des matières brutes ou employées , quand ces déchets ont été oc-casionnés par les marches de l’armée. Cela posé, il faut que les compagnies soient bienmal administrées, si elles ne font pas des gains considérables ; Lé l’on voit ce que legagneroit à taire la fourniture entiere des subsistances à son compte, puisqu’il a déjaa a charge toutes les dépenses de formations d’úquipages &. d’établiflément, de non-vaieurs , d accidens St de déchets. * &
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