ii(5 ESSAI GENERAL
frais de la compagnie ; s’ils sont pris, c’est au compte du roi ; s’ils nele sont pas , il a des précautions fur tous les points , il ne peut êtrefait à l’armée aucun mouvement qui le prenne au dépourvu, Sc c’estce qu’on appelle alors un service vrillant, Sc que le général combled’éloges. Ici , il supposera des difficultés, afin de se donner le méritede les vaincre. Là, il sera pencher le général vers une opération dontle résultat sera commode Sc avantageux à ses propres dispositions. Pres-que toujours , faute de calculer l’ensemble des opérations, faute , a cetégard , de lumières qu’il ne peut pas avoir , il regardera ses vivrescomme le principal, Sc ils ne font que 1 accefloiie.
Comment le munitionnaire au reste pourroit-il calculer comme legénéral ? i°. II est simple qu’il n’en ait pas les talens , Sc que par con-séquent le général Sc lui n’aient pas les mêmes idées. 20 . Ses succès sontinuépendans de ceux du général. La campagne peut fort bien avoirété manquée Sc le service du munitionnaire très-exact:. II y a mieuxmême : plus les opérations de la campagne auront été timides , moinson aura agi , Sc plus le service du munitionnaire aura été assuré ; plusles troupes, qui ne jugent du mérite d’un munitionnaire, que par l’cxa-ctitude des distributions Sc la bonne qualité du pain, lui donneront delouanges. Où scroit dans le fait le mérite plus reel du munitionnaire ?Ce scroit à tirer d’un pays le plus grand parti possible j à sc prêter àplusieurs marches forcées consécutives > à des changemens de directionimprévus ; à des formations Rétablissement rapides : or toutes ces cir-constances , combinées dans le cabinet d un général, sont ignorées destroupes. Pour atteindre à l’execution d un projet du général, le muni-tionnaire .s’écartera de fa routine , vaincra de glandes difficultés, tireraparti des moyens du pays, parviendra à donner demi-ration dans unecirconstance où le général devoit craindre de manquer absolument ,ne pourra peut-être , par des accidens qu’il n’a pu garentir, se dispen-ser de faire des fournitures de qualité tant soit peu altérée, chanteral’efpece de nourriture, Sc de maniéré ou d’autre nourrira les troupes.Les troupes, qui ignorent l’objet du général, le mérite des difficultésvaincues , la peine qu’on aura eue à leur procurer le peu qu’on leurdonne, ne sentiront que le besoin qu’elles éprouvent, Sc sc plaindrontpeut-être. Le munitionnaire cependant aura servi avec distinction, aujugement du général Sc des gens qui calculent.
Dans les inconvéniens que j’ai dit ci-dcffus devoir résulter du défautd’accord presque inévitable entre les combinaisons des généraux Sc cel-les des munitionnaires , je n’ai encore parlé que du munitionnaire aveu-glément borné par la routine de son art, Sc ne secondant point le gé-néral , par l’incapacité où il est d’appercevoir l’ensemble de la choie,Sc la subordination que les combinaisons accessoires doivent à la combi-naison principale. Ce munitionnaire peut avoir bien d’autres défauts quinuiront plus essentiellement au service. II peut vouloir traverser les opé-rations par des raisons d’intrigue ? ou d’intérêt particulier. II peut, ce