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Tome second.
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DE T A C T I Q. U E. Partie II. 113

k Hesse, la principauté d’Halberstat, TÓost-frife, le comté de la Marck,ia Gueldre, &c. Mais c’est un art qui nous est tout-à-fait inconnu,que celui de savoir faire servir la guerre à nourrir la guerre. S’il s’élevoituu général qui eût ce talent, lui laisseroit-on le pouvoir de le mettrea. exécution r II est- d’uíage en France que les vues des ministres 8c desgénéraux fe croisent ; cette contrariété existe même entre les départe-mens des différentes branches d’administration * Sc à travers ces mal-heureuses contradictions, tous les abus échapent, augmentent & s’in-vétercnt.

Qu’arrive-t-il, quand une armée françoise met le pied dans un paysennemi ? A l’instant & fur les pas de cette armée, en arrive une autred’employés, de commis, de préposés, tous gens qui cherchent fortune.Sous prétexte de mettre par-tout Tordre 8c la comptabilité, tout fe di-vise , fe complique , s’embrouille. On projette, on ordonne , rien nes’exécute, la tête tourne aux administrateurs du pays. S’il y a des con-tributions, elles fe dissipent par toutes les filières où elles passent. Quel-ques particuliers font des fortunes obscures Lc scandaleuses. Les dépensesdu roi ne diminuent pas. E'armée s’appauvrit, au lieu de s’enrichir j lcpays prend une surface de dévastation et de misere, ferre notre or, nousmaudit, Lc nous voit partir en nous haïssant, fans nous craindre.

Mais poursuivons Texamen de notre administration de subsistances.Pendant Thiver de 177-7 à 17s8 , Tarmée prend ses quartiers entre léVefer &c 1 Aller. On fe dit enfin qu’il faudroít vivre aux dépens du pays»On impose des livraisons de grains aux bailliages entre les deux fleuves ;on en rassemble 2.00 mille sacs à Hanovre, à Bmnfvick, l$c. La raisonfait dire a un général qui auroit la régie des vivres, ou à un régisseurqui auroit fait ses combinaisons relativement à la position de Tarmée :„ Consommons ce grain, car il est impossible que Tarmée passe Thiver„ ici. Si les ennemis se remuent, au premier effort qu'ils feront, nous,, ferons obligés de repasser le Vefer.,, Cet événement n’étoit pas diffi-cile a prévoir ; il étoit apperçu par Tarmée entiere. Mais, au lieu decela, on continue de vivre de ses derrières. Quoiqu’on regorge de sub-sistances fur le Vefer, on fait des achats fur la Meuse Lc fur le Rhin.Les ennemis percent les quartiers ; on brûle les magasins ou on les aban-donne ; l’armée se retire , fans regarder derriere elle : elle traverse despays abondans Lc point épuisés ; elle les traverse par divisions Lc en can-tonnant , sorte de mouvement bien favorable pour faire vivre les troupesdes moyens du pays, ôc néanmoins c’est la compagnie des vivres quicontinue de les nourrir ; Sc pour cela elle fait venir à la hâte de VeselLc des bords du Rhin, des grains au devant de Tarmée.

On pourroit m’accuscr de charger ce tableau ; mais j’ai pour témoinsfo mille François, reste infortuné de 100 mille qui compoloient, huitmois auparavant, la plus florissante armée. J’ai pour garans 2,00 millionsque cette funeste campagne a coûté à la nation. J’ai vu, Lc je ne veuxpas oubliei ce trait, parcc qu’il complettera l’idée cju’on doit lc faire