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Vol. I.
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7 4 ' GUERRE DE CÉSAR

bulle louant son Héros fur son habileté' dans l’art de la guerre, dit de lui, qu’il fait par-faitement bien changer darts l’occasion l’ordre de bataille en celui de marche en quar-re' *)•

Tous ces paílàges nous font voirqu’on ne connoissoit généralement dans les arme'esRomaines que deux ordres de marche qui reviennent exactement à ceux que Polybedécrit & dont les historiens militaires font aussi mention. La ressemblance entre la fi-gure que la marche d’une armée en une feule colonne décrit, & le Pilum cette grosse &solide arme que les légionaires portoient, a fait adopter dans le Jargon militaire le ter-me de pilatim. Celui de pajfuti pour exprimer la marche en plus d’une colonne,vient du verbe pandere, répandre ou étendre, & est relatif à l’étendue du terrain queles armées occnpoient en marchant dans cet ordre.

Mais c’est cette expression de quadratum agrnen équivalente à celle de pajjim qui a in-duit plusieurs savans, à imaginer des ordres de marche en quarré, semblables aux P lé-sions & aux Plinthions des Grecs, qui n’e'toient pas dans ì’esprit de la tactique Ro-Cap x de rnaine ui dans la réalité. Saumaiíè a taché de prouver par rapporr aux ordres de batail-miiit. itora, le, que quadrata actes ne signifioir pas chez les anciens une armée rangée fur autant defront que de profondeur, mais qu’elle étoit ainsi appellée parceque la figure qu’elle de-crivoit sur le terrain relìèmbloit à une Parallélogramme quelconque à angles droits. Cet-te assertion est mise liors de doute par le seul paflàge de Vegece qu’íl a copié de Caton, com-me on le sait de Nonius: Una est depugnatio fronte tonga, quadrato exercitu scutetiam nunc & prope semper Jblet proeltum fieri. La Phalange mise en bataille formoitce que les latins ont nommée quadrata acies, ainsi que toute la troupe rangée íúr unirontuni & à rangs égaux fans égard à fa profondeur. En appellant donc aussi une armésen marche agrnen quadratum , les anciens n ont donné a entendre, qu’un ordre de mar-che différent de celui, où elle ne formoit qu’une feule colonne, dont le front étoittoujours petit à proportion de fa profondeur. Plus elle occupoit de terrain dans la marchepar l’étendue de son front, plus elle reíïembloit a 1 acies quadrata ou à l’armée rangéeen bataille. Les intervalles qu elle laiffoit entre les colonnes dérogeoient aussi peu ausens de ce terme, que les intervalles, lorsqu elle étoit en bataille, dérogeoient à la signi-fication de l' acies quadrata. Si les Romains avoient exécuté le Plefion des Grecs ou desdispositions semblables a nos bataillons q narres, ils les auroient fans doute appellées aussiagrnen quadratum , & de même encore si toute une armée, formee en trois ou quatrelignes, se fut avancée en front de bandiere. Mais comme la disposition de marche, nom-mée T{ìí£<*Àz-/y.'íi par Polybe & triplex acies par César, remplit également toute la signi-fication de quadratum agrnett & que toutes les marches des anciens Romains dont nousavons quelque détail & qui nétoient pas faites fur une feule colonne, font disposéesdansl’eìprit & dans l’ordre de cette Triphalangie de Polybe, je me crois suffisammentautorisé à soutenir que les deux différons ordres de marche de Varron, Yagmen pilatum

*\ S eu Jit op us , acies quadratum stfiat ia agrnen.