Band 
Vol. I.
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112
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IIX

GUERRE DE CÉSAR

Bel. Civ. II.4--

Voyez auslïde Bel. Gai.m. 14.

Bel. Gai. II.

M.

Lit>.

XXVI r. r.

harassés & blessés, ne pouvoient ni forcir de la ligne, ex acie excedere, ni trouverun endroit, où ils pussent être en fureté *). Dans cette diminution de combattans, lessoldats qui étoient dans les rangs de derrière en remplissoient le vuide à mesure qu il yen avoir, & on tachoit de toutes manières de conserver seulement le front, quoique auXdépens de la profondeur.

La nécessité de remédier aux fréquens dérangemens de la ligne pendant la mêlée,avoir fait naître l’idée de ces différentes évolutions par files, auxquelles les anciens dreí-soient leurs soldats & dont toute Troupe qui se bat à l’arme blanche & sur beaucoupde profondeur doit nécessairement faire usage, comme on voit aussi, que les Grecs l’ontfait, & comme nous ferions certainement, si notre manière de combattre, ne ditféroítpas du tout au tout de celle des anciens.

Cependant la troupe la plus brave & la mieux disciplinée, ayant longtemps à luttercontre un ennemi supérieur, brave & ardent, & étant abandonnée à elle même, soccom-boit à la fin; ainsiqu’ilarriva à la douzième légion de César, dans la sanglante bataillecontre les Nerviens, lorsqu’après la blesthre du Primipile, & la mort de plusieurs de sescenturions, les soldats perdirent courage, & que les derniers dans les files s’eíquiverent dela mêlée. Dans ces extrémités l’arrivée d’un prompt lècours, étoit le seul moyen de ré-tablir les affaires. La troupe qui marchoit au secours de celle qui étoit en bataille, luirendoit pour lors le service qu’elle auroit tire de íes propres files, si elles euílent étéfur plus de profondeur; fur tout, si on se battoir dans un défilé; ou fur un terrain telque César le décrit ici. Je veux dire qu’en se glissant entre les distances dune file à l’au-tre, jusqu’à gagner le front, les soldats occupèrent successivement, l a place de ceuxqui avoient combattu dans les premiers rangs, & qui s’e'coulèrent à mesure qu on les rem-plaça. II parut de cette manière une troupe toute fraîche, qui renouvella le combat,dont le succès dépendit du dégré de force & de courage que l’ennemi pouvoit lui op-poser.

On ne íàuroit íè representer st autres manœuvres que celles que j’ai décrites, dansla plupart des occasions où les Historiens disent, que les troupes fraîches ont relevé cel-les qui étoient fatiguées, 011 incapables de résilier plus longtemps; c uni recentes atqueintegri defeffis fuccejjìffent , ou comme Tire Live s’exprim e souvent: Integri a fejfispugnam accepere. II faut cependant bien fe garder d attacher indifféremment sodée deces manœuvres a toutes les occasions, ou les auteurs nous parlent de corps d’armées, en-voyés au secours, ou au soutien d’autres corps. Une troupe qui gagne le flanc à l’en-nemi, pendant qu il est engage sor son front, rétablit auin efheacément les affaires, qssuneautre qui ne iait que remplacer celle qu’elle a en tete. Les circonstances du terrain &la position des armées, insiuoient neceílairement pendant la bataille, sor les manœuvresdes Généraux : & s’ils s’e'toient ménagé quelques intervalles dans la premiere Issue, on

___ _ conçoit

*) A c non modo dejèflo ex pugna excedendi ,fed ne flauáo quidem eius loci, ubi confluerai re-

linquendi , ac fe recipiendi facilitas debatur. VojUlLib.II. a7.