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Vol. I.
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EN ESPAGNE .

Sec t. III.

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conçoit aisément qu’ils commencoient par y faire passer de front des troupes de la secon-de ligne pour les remplir, avant de manœuvrer par files. Ce dernier expédient ne pou- Voyez Tite

voit avoir lieu, que lorsqu on se battoit sur le front en ligne pleine, & que le terrain ne LîveV. 38 .permettoitpas’de déborder Pennemi, comme il paroit que cela arriva dans plusieurs j-

batailles q Ue Tite Live raconte, & ou il dit expressément que des légions entières xxxv.ri.r emplaçoient celles qui avoient combattu avec peu de succès [dans la prémiere ligne. XXIX. îuD ans la bataille que Marceîlus perdit contre Annibal près de Canusium, il fit paf- xxx ^“'ser la dixhuitième légion à la pxémiere ligne, parceque celle des alliés avec les Extraordi- ^ ^«aires, qui y avoit été placée commença à avoir du pire, & à perdre du terrain. L ex- X xvn.ir.pression de Tite Live inducit in primam aciern , dénote ici aile/, clairement cette in-troduction par files. La fuite de son récit la prouve encore mieux; tandis , dit-il, que,quelques unscedoient leurs places, plutôt par crainte que par necejjìte, & que d autres,qui dévoient les remplacer, y pajsoient avec répugnance Ù en rechignant , il arriva quedésordre & la confusion se mit dans toute la ligne & qu’elle fut bientôt renversée &obligée de prendre la fuite *). Ce passage ne laisse presque plus de doute fur cette mé-thode des anciens de renforcer les troupes qui étoient en bataille, par d autres qui s yinsinuoient par files, d’autant plus qu’il est certain, que des légions entières formoientici les lignes & que par conséquent Farinée étoit rangée par cohortes avec peu d inter-valles , comme du temps de Marius & de César.

II n’est pas même douteux que cette ordonnance particulière de la légion, suivantlaquelle, il y avoit une distance de trois pieds, d’une file à l’autre, .n’aiteu entre au-tres, la pratique de ces évolutions pour but; de meme que la phalange en parade, quia voit ses rangs & ses files ouverts, comme la légion, pour se prêter au doublement &au dédoublement des files, ainsi qu’aux autres évolutions de cette eípece. Si Titeï-ive dit, que Pordre de bataille des Romains étant plus éclairci & composé d unplus grand nombre de parties que celui des Grecs, les Généraux qui commandoient deslégions, avoient par conséquent une grande facilité a les diviser, de meme qu à les rejoin-dre lorsque le besoin l’exigeoit de quelque côté: je crois qu'il a dans cette occasion au-tant en vue les distances entre les rangs & les files, qui distinguoient particulièrement l’or-donnance des légions de celle de la phalange, que les intervalles qu’on laissoit quelquefoisdans la ligne, entre les manipules, pour former l’ordre de bataille en quinconce ). Lib.IX. 19Ce même auteur répand beaucoup de jour fur cette matière par un exemple.de lasouplesse extraordinaire des légions qu’il allégué dans le récit de la bataille que Papi- 4 1rius gagna contre les Samnites. Le Consul, pour s’assurer la victoire, avoit caché unegrande troupe de valets, montés fur des mulets & d’autres gens, à certaine distance

v ) Pugnatum amplius duabus horis est. Ce- acies est, de aide prorfus j u fa : & Vincent e pudoremdere inde ab Romanis dextera ala & extrcordinarû meta terga dabant.

coepere. Ç>uod ubi Marceîlus vidit , duodeclmam **) Romana acies distìnclior, ex pluribus partibus

Egionem in primam aciem inducit. Dum ahi tre- eonstans, facilis partienti, quacumqut opus ejset, sa-pidi cédant, alii^segniter subcunt, turbata tota cihsiungenti.