EN ESPAGNE.
Sec t. III.
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H valoit bien la peine d’e'claircir cette matière que le Chevalier de Lolooz aauílì trai-tée dans ses recherches d’antiquités militaires. Après la théorie que j'a vois donnée dansmes mémoires de l’ordonnance de la légion lorsqu’elle étoit rangée en bataille, & aprèsavoir exposé mes doutes, fur ce que Tite Live dit des retraites successives des Hastai-res, & des Princes pendant le combat; j’aurois pû faire mention des évolutions analo-gues à cette ordonnance en rangs & files ouverts ; mais entraîné par d’autres matières,je n’en ai rien dit pour lors & j’ai laissé au Chevalier l’honneur de poursuivre cet objet.Tn s e représentant une troupe rangée à la Romaine qui défend un défilé, & dont il estdit qu’o n l’a renforcée ou même rélevée pendant faction, on s imaginera aisément, quecelle qui est survenue n’a pu prendre part au combat, qu’en s’insinuant par les files jus-qu’à en gagner le front. L’ingénieux Tacticien est parti de ce principe & l’a ap-pliqué aux manœuvres des lignes entières, qu’on fait avancer pour remplacer cellesqui combattent fur le front. Je viens de dire que réellement il y eut des occasions,ou il p a roit qu’on recourut à ce moyen de soutenir & de renforcer une prémiereligne ; mais qu’il ne faut pas regarder cette méthode comme d’un usage universel. J’ad-mire donc le grand sens du Chevalier, & je conçois dans toute son étendue l’importancequ’il attache à cette heureuse découverte. II lied aflèz bien à un auteur pénétré de sonmérite de faire valoir ses idées & de ne pas être avare de paroles pour emporter les suf-frages de son Lecteur. Il me permettra cependant une remarque qui ne peut que flat-ter son amour propre : c’est que je mets uniquement fa belle découverte fur le comptede son heureux génie & de son bon sens. Ses recherches d’antiquités militaires nepeuvent pas l’y avoir conduit, parceque, s’il en avoit fait dans les anciens auteurs, il ysuroît trouvé d’autres preuves que celles qu’il allégué, ou du moins d’une nature àn e pas rendre suspectes les vérités qu’il veut prouver.
On connoit l’employ que les anciens Romains ont fait dans un jour de bataille destrou p os armées à la legère, autrement appellées velites. Les légions étant rangéesen bataille, ils passoient par tous les intervalles entre les manipules devant le front deta bataille, & occupoient l’ennemi jusqu’à ce que serrés de près, ils se voyoient dansta nécessité de se retirer & de repasser derrière l’armée par les mêmes intervalles. Onen trouve des exemples en cent endroits de Polybe & de Tite Live. II en est tombéun fous les yeux du Chevalier, oh Tite Live dit à l’occaíìon d’une bataille contre les La-tins, que les armés à la legère, qu’il appelle ici Rorarii s’étoient portés en avant, àtravers les Princes & les Hastaires. Rorarii procurrebant inter Antepilanos. CePassage lui a paru renfermer une preuve convainquante de la pratique des anciens de ren-forcer un corps de troupes par un autre, en l’y faisant entrer par files. Mais qui estce qui ne voir d’abord qu’il s’agit ici simplement de la destination ordinaire des trou-pes legères, indiquée par le mot procurrere, courir en avant, & que la leur n’étant pasde se battre en ligne, n’ayant ni le pilon ni le bouclier, comme les autres légionaires,ds auroient plutôt embarassé que fortifié la ligne & empêché fur tout les Tri aires des y insinuer entre les files, lorsqu’il en auroit été besoin? S’il a cru prouver par ce
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