ii 6
GUERRE DE CÉSAR
passage la possibilité de cette manœuvre, il n’a pas fait attention, cju’clle est déjà suffi-samment démontrée par l’ordonnance même de la légion à rangs 6 c files ouverts, & q« el’existence des intervalles ne favorise pas même cette théorie.
Si ce témoignage de Tite Live n’est pas fort concluant, l’autre preuve qu’il tire dumélange des fantassins entre les Cavaliers, qu’il met furie compte de César, me faitréellement de la peine autant pour la bonté de la cause qu’il defend que pour la bonneopinion que j’ai de son savoir. Parceque César à i’exemple d'Arioviste avoit attachéun fantassin à chaque Cavalier & que ces fantassins ne pouvoient dans faction s’insi-nuer que par files dans lesEscadrons.de la cavalerie, il ne voit pas pourquoi l’on ne vou-droit pas admettre, que l’infanterie Romaine, ait pu dans ces lottes de mornens, ma-nœuvrer par files. Mais je m’imagine que tout General qui s’aviseroit d’entreìarder sesescadrons de fantassins, seroit bien obligé de les y faire entrer par files, n’eut-il mêmeaucune idée de la manœuvre dont il est question ici. Les Grecs entremêloient quelquefois les armés à la legère entre leur cavalerie, quoique la phalange engagée au combat nefut point du tout susceptible d’un doublement de files.
Mais qui est ce qui garantit au Chevalier ce singulier mélange de fantassins & de ca-valiers? II allégué bien l’exempîe de César à Pharsale auquel on en peut ajouter plusieursautres, fur tout celui ou ce grand homme en faisant sa retraite des environs de Du-razzo, joignit une troupe choisie de légionaires à la cavalerie de son arrièregarde quidéfit celle de Pompée au paílàge de la rivière de Genuíium. Mais on n’y lit rien qui at-teste proprement ce mélange des légionaires & des cavaliers de la façon que le Chevalierse l’imagine. Au contraire nous apprenons par le récit que Hirtius fait de ce combat re-DeBel.Gai. masquable de cavalerie, contre Correus Chef des Bellovaques, que la manière de faire agir¥111. 19. tes occasions les armés a la legere étoit bien différente. Les escadrons s’étoient postéspour lors par intervalles, du côté du bois, dont 1 ennemi s’étoit emparé, & occupoientune grande étendue du terrain , pour empêcher qu on ne les prit en flanc. Les jroupeslegères resterent par pelotons en arriéré, & ne bougèrent que lorsque f ennemi qui étoitsorti du bois avec une grande supériorité de forces, fut fur le point de les accabler. Pour lorselles se jetteront en avant & restant toujours en troupes, entre les intervalles des escadrons,elles soutinrent le combat, jusqu’a ce que les légions survinrent *). Les paroles de levisarmaturae. pedites íurmis nofirorutn interpofiti ne sauroient jamais faire naître l’idéede ce mélange de Cavaliers & de fantassins par files dans les escadrons mêmes, qui m’atoujours, paru tenir plus à la pratique de quelques barbares qu’à celle des Romains.Je crois donc que lorsqu’il s’agiffoit d’employer les armés à la legère au secours de lacavalerie,. César du moins ne les a jamais fait manœuvrer autrement que de la manière
*) Quum, difpojïtis turmis, in vicem rari proe-liarentur , ne que ab lateribus circumvenin sues pate-rentur, erumpunt cceteri, Correo proeliante ex fyl-yis. Fit magna contentions diversum proelium :
De Bel.Civ. III.Ch. 7j.
quudquumdiuUus pari marte imretur f paulatim ex
sylvis inftrucia multitude procedit peditum , quœ no-[îros coêgit cedere équités : quibus celeritersubveniuntlevis armatures pedites, quos ante legiones mijjos do~cui; turmtsquenojlrorum interposa conjìanter proey
liaatuu