GUERRE DE CÉSAR
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que les trois manipules réunis formoient ce que les Romains appelloient la cohorte, &il marque expressément, en détaillant les circonstances de la victoire que ce même Sci-pion remporta fur les troupes d’Indibilis, qu’il fit attaquer un des flancs de sennernilá. Lib.XI. avec quatre cohortes rangées fur le même front & fans intervalles *). On voit donc31* qu’il y en eut de tout temps & que même l’ordonnance de la légion- par cohortes dansun jour de bataille n’a pas été une innovation, comme je l ai dit plus d’une fois.
Les changemens qui fe íont faits dans la légion, ònt été des fuites des révolutionsd’état & de la grandeur de la République, qui ont influé fur les conditions des citoyens.Le droit de Bourgeoisie communiqué après la guerre dissociation aux peuples d’Ita-lie fit difparoître la différence entre les légions des alliés & celles des citoyens de Ro-me. La grande distinction dont l’ordre des Chevaliers jouissoit, leur donna bientôt le*moyens & aster de crédit pour s’exemter de la nécessité de servir en qualité de simples ca-valiers ; & cette ancienne cavalerie attachée aux légions fût remplacée par celle qu’on sirvenir des Provinces, ou qu’on prit à la solde, chez les nations alliées. Les citoyensde Rome crurent aussi dans la fuite qu’il étoit au dessous d’eux d’être armés à la leg ère, &de faire la guerre à la débandade, tandis qu’on pouvoit tirer des peuples alliés autantde troupes legères qu’on en avoit besoin & que les grandes guerres qu’on avoit à soute-nir, exigeoient des légions nombreuses & composées de soldats de la meilleure efpece.
Mais malgré tous ces changemens, &c quoique la distinction par classes fondée futla fortune & fur l’àge des citoyens fut abolie, la légion ne garda pas moins fa prémiere for-me ; & la division par cohortes, par manipules, par Centuries & par Decuries eut lieudu temps de César comme dans l’ancienne milice. II paroit même que les Romains desderniers temps de la République, par respect pourles écablissemens de leurs ancêtres, n’ontpas voulu changer les titres des six premiers officiers de la légion quoíqu’ils ne fustènt re-latifs qu’aux classes qui depuis longtemps n’existoient plus.
Ces matières étant en partie aflez connues & pour la plupart déjà constatées pard 1 autres, il est étonnant que Mr. le Chevalier Lolooz, en parle comme si rien n’enétoit venu à fa connoiflance. On a lu que César regretta la mort d’un Q. Fulginiuspremier Hastat de la quatorzième légion, & Mr. le Chevalier trouve dans ces mots lapreuve que les légionaìres. fous Vépoque de l ordonnance des cohortes avoient conservéles divers noms d'Hastaires , de Princes & de Triaires quoique les armes fussent con-formes : Tout ce que j’ai dit fur cet objet, sert astèz à réfuter cette assertion qui trahittrop l’érudition de son auteur. Mais que dira -1 - on de cet autre raisonnement ? Cé-sar fait quelque fois mention des manipules Ù des manipulaires , ainjì quoique ce soitfousMarius que commença P époque de V incorporation des manipules dans les cohor-
*) Polybe exprime l’ordonnance de ces quatre pleine. Ici il dj t simplement, quatuor cohortes incohortes par ces mots : «-/«v U rît Mjf frotite ftatuìt : ft pi a ça quatre cohortes de front. Il
îjtì KoífTíf. paroit par tout le récit que Tite Live fait de cette
Tite Live rend ordinairement ces mots grecs bataille, qu’il n’a p as bien List l'exposé de Polybe,par cohortes confortas, des cohortes rangées en ligne quoiqu’il paroisse savoir suivi.