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Vol. I.
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GUERRE DE CÉSAR

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Le soldat Romain recevoit à certains jours fixés le blé en nature, &’ étoit obli-gé de le préparer lui même pour fa nourriture. II y avoir à cet effet dans Péquipage dechaque légion des moulins portatifs dont le soldat se servoit. Dans Pexpédition deMarc Antoine contre les Parthes, les moulins ayant été enlevés par l’ennemi avecbeaucoup d’autres équipages, on se trouva fort embarassé, quoique le légionaire sutquelquefois à leur défaut, se faire une reíïòurce des prémieres pierres qu’il trouvoitpour écraser son blé & pour le réduire en farine.

Quand l’armée se mettoit en marche, on donnoit ordinairement pour quinze joursle blé aux soldats. Ils le serroient alors dans de grandes poches ou gibecières faites decuir & appellées Perce ou Folliculi. On en voit la forme & la manière de les ferrerdans la représentation du soldat Romain qui est en marche ; copiée d’après la colonnelib YI. 37. Trajane & inférée dans mes mémoires militaires. Selon Polybe, on fournissoit parmois au soldat, deux tiers d'un médimne Attique, & ainsi quatre de ces mesuresque les Romains nommoient modìi, puis que selon Suidas, six modii sont le médim-ne. On trouve donc après un calcul dont je rendrai raison dans la fuite, qu’on luidistribuoit par jour pour fa nourriture en blé deux de nos livres, outre le lard, lesfèves, les lentilles & autres légumes qu’on y ajoutoit quelquefois selon les circonstances.

• Tufcul. II. C’est Cicéron qui en parlant des fardeaux dont le soldat Romain étoit ordinairementchargé, fait entre autres mention de celui de son blé pour quinze jours. Mais Césarnous dit que les soldats d’Afranius, lorsqu’ils décampèrent de Lerida, en portèrentbien pour vingt dt deux jouis, ôt nous trouvons dans Tite Live qu on ne craignoit pasen plusieurs occasions de les en charger pour tout un mois.

Bien que cette manière de distribuer le blé au soldat & d’assurer sa subsistan-ce pour plusieurs jours, débarastát les anciens de la peine de cuire le pain & que lstransport des grains en devint plus facile, ils n étoient pas moins dans la nécessité defaire de grands arrangemens, pour avoir leurs vivres toujours à portée*, ainsi quetout ce dont une armée a journellement besoin. Dans les premiers temps de la Répu-blique la guerre se sit, pour ainsi dire, aux portes de Rome & st fut aisé de faire pas-lib.ïïl. Lz. f er l es vivres de la ville au camp. E^e Live dit, que tandis que le Consul Fabius mar-cha au secours de Tusculum que les Eques aveient attaqué, Pautre Consul CornéliusTîte tive amassa les provisions pour cette armée à Rome, & les sit voiturer au camp. Dans la

Llb ' IX ’ guerre contre les Samnites, le Consul Papirius occupé du siégé deLuceria, n’eut pas

Ch ' 3 d’abord d’autre blé, pour faire vivre les légions que celui qu’il avoir fait venir de Ro-

me à Arpi, d’où les Cavaliers le lui apportèrent dans de gràndes poches de cuir» *)•Mais lorsqu’après avoir subjugué les peuples d Italie, on porta la guerre plus loin & audelà des mers, la subsistance des armées exigea plus de soins & devint l’objet le plu*important de l’attention des Consuls. S’il arrivoit donc qu’il n’y en eut qu’un qui se mieà la tête des troupes & que Pautre restât à R ome, ce dernier sc chargeoit du détail de*

*) Qtnnia ab Arpis Romanis fu.bpcaitaba.ntur , yigiUisquc <S opéré , eques jolliculìs in castra ab A^çcs ter uni adeo exigue , ut miiiti occupât o ftationibus pis f'tumcntum veheret*