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Vol. I.
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EN ESPAGNE. Sect. IV.

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vivres & en faisoit de grandes provisions dans les pays abondans en grains, pour les Tue Livefaire passer à l’armée. ^ . XXIX ' 3á ’

Si le théâtre de la guerre étoit dans l’uneoul’autre des Provinces soumises à l’empireou fur les frontières, toute la charge de faire des magazins tomboit alors fur la Province,

6e les Magistrats e'toient forcés de fournir les grains Le de les faire charier par les habi-tans aux endroits qu’on avoit marqués pour les dépôts. Les e'distces où on rassembloitle ble', le fourage & toutes les provilions de bouche, étoient appelles Horrea, dontles auteurs parlent souvent; & on en bàtiíloit même de nouveaux, lorsque ceux qu on trou-ait fur les lieux n’étoient pas aíîez propres pour cet objet. Aufíi l’impot connu fous lesi om de Vechirœ, & qui n’étoit pas le moindre de ceux qu’on avoit imposés aux habitansdes Provinces en temps de guerre, ne regardoit proprement que la fourniture des voi-tures pour les magazins. C’est ainíi qu’on tira presque tout le blé dont Pompée avoit be-soin pour former ses magazins en Espagne pendant la guerre qu’il y fit contre Sertorius,de la Province Romaine, ou de la Provence, comme on le voit dans la harangue deCicéron pour Fonteïus, Sc sans chercher d’autres exemples, on n’a qu’à jetter les yeux Ch. t.fur les arrangemens que César fit pour fournir à la subsistance de ses légions, pendantla guerre des Gaules. Ce furent toujours, ou les habitans de fa Province, ou les peu-ples alliés qu’il chargea du foin de faire ces dépôts de vivres. Aussi le plus ou le moinsde promptitude avec laquelle ils s’en acquittèrent souvent, influât-il sur le plan de sesopérations.

Lorsqu’on alloit au fourage, & fur tout lorsqu’on fourageoit à sec, on ne manquoitPas non plus d’assembler toutes les voitures qu’on pouvoit trouver fur les lieux. TiteLive,dit que Persée surprit une troupe de Romains occupée à moissonner le bled dans les plainesde la Thessalie & qu’il leur prit mille chariots qu’ils en avoient chargés. Aaníi Ce- '

far ayant arrangé un grand fourage peu de jours après son débarquement en n que,ordonna aux habitans des villes de son parti de suivre les troupes avec tous es c ìariotsS Ue ces villes furent en état de fournir.

Mais tout le chariage que l’amas de fourages & rétablissements des magazins ren-daient quelque fois nécessaires, n’appartenoit jamais aux légions memes ; vu que toucce qui fetranfportoit pour l’ufage des troupes, fut pour la plupart du temps, chargé fur deskètes de somme & fur des mulets, excepté quelques articles dont je parlerai dans la iuite.Polybe en parlant de la marche des légions, ne fait mention que des bêtes de somme, surlesquelles les bagages de toute l’armée étoient chargés, & il dit expressément dans un au-tre endroit qj’eìlel portoient aussi tout le blé qui restoit dans le depôt, après qu’on avoitdistribué aux ^upes leurs portions. Il n’est jamais parlé dans le récit que les historiensfont des marches & des expéditions militaires du temps de la République, d untrain de chariots à la faite des armées, soit pour les bagages, soit pour le transport desvivres; & il faut bien qu’on ait eu beaucoup de répugnance à s’en charger, car dansL grande expédition de Marc Antoine contre les Parthes, n’y ayant que trois censchariots qui portallènt des machines de guerre, on préféra de s’en passer, st ue "