EN ESPAGNE . • Sect. V.
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La révolution fut ainsi des plus promptes 6c des plus complétés. Peude jours auparavant, il se trouvoit dans la plus grande détresse, resserré dansUne petite étendue de pays, fans vivres, 6c entouré d’un ennemi qui lui ôtoittous les moyens de s’en procurer. Un événement imprévu comme la victoiredeBrutus, 6c le passage de la Segre exécuté avec bonheur, rétablirent toutà coup ses affaires. Cinq nations des mieux situées 6c des plus capables deseconder ses vues, prirent son parti. II eut des vivres en abondance, 6c il ac-quit une supériorité si décidée, sur Pennemi, que personne ne douta plus del’heureux succès de cette guerre. Le bruit s’étoit généralement répandu enEspagne que Pompée avoit déjà gagné la Mauritanie avec la plus grande par-tie de ses forces, 6c qu’il étoit à la veille de passer de là en Espagne pour ve-uir au secours de ses Généraux qui firent de leur mieux pour l’accréditerdans le dessein de rassurer leurs alliés, mais ce bruit s’évanouit vers ce temps,Par les nouvelles sures, qu’on eut de son séjour dans la Grece 6c de fa réso-lution d’y établir le théâtre de la guerre. Quelques nations quoiqu’éloig-nées des endroits où la guerre se faisoit désabusées par ces nouvelles, chan-gèrent également de parti 6c offrirent à son rival leur alliance 6c leur secours.
Le concours de tant de circonstances heureuses mit César en état de pour-suivre ses desseins avec son activité ordinaire. Comme Passiette 6c la forceextraordinaire au camp que les Généraux de Pompée avoient pris près deLerida, les mettoient absolument à l’abri d’y être forcé, César, aussitôtqu’il fut en leur présence, avoit formé le plan de les enfermer dans cecamp, 6c de leur couper toute communication avec le pays voisin, per-suadé , que malgré les soins qu’ils s’étoient donnés de faire de grands amasde vivres, il faudrait nécessairement que réduits à leurs seuls magazins deLerida, & obligés de nourrir une armée aussi nombreuse que la leur ils lesepuissaíTent au bout d’un certain temps, 6c que la nécessité de s’en procurerd autres, les forçat à quitter leur position 6c à décamper. II prit à cet effetson camp si p r ès des ennemis, qu’il les empêcha des’étendde dans le pays entrela Segre 6c laCinca, 6c moyennant ses deux ponts, il fit passer de l’autre côtéde la rivière autant de troupes qu’il jugea à propos pour bloquer le seulpont de pierre qu’ils avoient sur la Segre, de même que tous les guésdont ils pouvoient se servir pour la traverser. Peut-être auroit-il encoreoccupe 6c fortifia de ce côté d’autres postes pour les resserrer en delà du fleu-Ve ’ autant qu ils l’étoienc en deçà: Mais tous ces projets furent déconcertés,
Tome II.