EN ESPAGNE. Sect. V. 155
stade : vû que le nouveau pont étant éloigné de sept milles de son proprecamp & d’autant du pont de Lerida, la nécessité de faire ce détour pour s’ap-procher de l’ennemi de f autre côté de la rivière devoir nécessairement faireéchapper de ses mains les meilleures occasions de lui nuire. Le plan mê-me qu’il avoir fait, de lui couper les vivres & de le resserrer en delà de la ri-vière, ne pût être exécuté qu’à demi, tant qu’il n’y eût que la cavalerie quipassat la rivière, & qu’il ne lui fut pas permis de s’y établir avec 1 in-fanterie faute d’une communication sûre & voisine avec l’armée, à qui ilimportoit dans ce moment, de ne pas quitter fa position vis-à-vis de 1 en-nemi.
Pour parer à ces inconveniens, il étoit absolument nécessaire de rétabliria communication à l’endroit où elle avoir été avant le débordement, c’està dire, plus près de son propre camp 6c du pont de l'ennemi. Quoique lacavalerie donnât la chasse aux troupes légéres des Lusitaniens, qui obfédoientautrefois les bords, la construction, d’un pont rencontroit toujours des ob-stacles invincibles dans l’abondancedes eaux, qui ne s’étoient pas tout à faitécoulées, dans la rapidité du fleuve, ôc peut-être aussi dans le manque dematériaux. César conçut pour lors l’idée de rendre la rivière guéable en ladéchargeant d’une partie de ses eaux pour se dispenser de cette maniéré de lanécessité de faire des ponts. 11 fit à cet effet de grandes coupures au bord ck. 11 .de la Segre, au dessus de l’endroit où il savoir que dans le temps des eaux v.pi.vii.siafles, il y avoir un gué pratiquable Lcflt travailler presque toute l’armée jour Nu ' 9 ‘dc nuit à creuser des fossés ou des canaux larges de trente pieds pour dé-river par ces fossés les eaux dans des bas fonds & pour leur donner en-suite la facilité de íe décharger dans la basse Segre, l’assiette du terrain deces environs lui paroissant propre, à ce qu’il prétend, à exécuter cetteentreprise. Ln écartant par ce travail une partie de la rivière, il nedoutoit p aS qu’il ne pût du moins rétablir les gués, comme ils l’avoient étéavant le débordement ( VU). La diligence avec laquelle on poussa ce tra-
Quìbus rébus perterritis animis adverfario- Hispœne effeâis, magnum in timorem Afra-
rum, Cxsar , ne fcmper magna circuituper pon- nius Petreiusquc perveniunt, ne omnino frumen-tem equitatus e jJ et mittendits , nacíus idoneum topabu ’oque intercluderentur ; quodmidttmCa-hcum , fo[fas ped Uìn XXX . in latitudinem com- far cquìtatu valcbat.pluresfaccre quibus partemaliquamSi-
COf * J nuertcret , vadumqu e t - u e0 jlutnine efficerct.
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