EN ESPAGNE.
Se ct. K .
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respecté des uns qu’il avoit vaincus par ses armes, & aimé des autres dont ilavoit largement récompensé les services, tandis que le nom & les exploitsà Céíar y étoient à peine connus.
Dès quelaplûpart des nations qui habitoientl’Espagne en deçà de l’Ebre,où avoit étéjusqu’à ce moment le théâtre de la guerre, eurent abandonné les in-térêts de Pompée, ses Lieutenans trouvèrent des raisons bien fortes de transi*porter la guerre dans un autre pays, dont les habitans leur étoient plus af-fectionnés. Autre fois les anciens Généraux tant Romains que Carthaginois3voient souvent fait venir une partie de leur cavalerie de la Celtiberie, ôc il s’ytrouva encore- du temps de cette guerre, de beaux ôc nombreux haras dontAfranius espéra de tirer parti pour remonter sa cavalerie, qui jusqu’alorsn'osoit presque pas se montrer devant celle de César. II íe flatta encore deS’y renforcer par des corps entiers tant de cavalerie que d’infanterie que cettenation belliqueuse ne fit jamais difficulté de fournir à ses allies.
L’intérct du parti Républicain étoitpour lors d’arréter César en Espagne,pour donner à Pompée le loisir d’achever ses préparatifs dans la Grece, ôc deréparer les pertes qu’il avoit essuyées en Italie. II falloit donc que ses Gé-néraux évitassent les occasions de livrer bataille, & de précipiter la décision desaffaires. 11 n’est pas douteux qu’ils ne l’eussent éloignée pour longtemps, ôcttainé la guerre en longueur, s’ils avoient pénétré dans la Celtibérie, ôcmis un fleuve tel que l Ebre entre eux ôc l’ennemi. Supposé, que César enles suivant, eut surmonté les obstacles qui accompagnent ordinairement lepassage d’une grande riviere, il auroit toujours été dans la nécessité de se fai-re suivre par un grand train de vivres, ou de chercher fa subsistance dans descontrées inconnues ôc dont les habitans au lieu de lui en fournir, auroientplutôt dressé des embûches à f es convois. Plus les Généraux de Pompéese seroient enfoncés dans l’intérieur du pays, plus ils se seroient mis a portesd ttre secourus par l’armée de Varron qui étoit dans l’Andalousie, ôc plus Cé-sar auroit été contraint de s’éloigner de ses alliés ôc de ses dépôts. Le paysm ême, pour la plupart montagneux & difficile, se prêtoit à des positions ad-mirables ôc très propres à éluder les efforts d’un ennemi ardent & empressé,ôc fa cavalerie n’y auroit jamais donné le ton, comme elle le faiíoit alors danscette plaine d’Urguel, où rien ne genoit íes manœuvres.
II n est pas étonnant que les Généraux de Pompée se soient arrêtés dansleur camp près de Lerida, jusqu’au moment qu’ils coururent risque d’y
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