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Vol. I.
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EN ESPAGNE.

Se ct. V.

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tour dont César parle id, & qu’il voulut épargner à sa cavalerie. Selon ce que j’aidit dans mon exposé, il étoit de la plus grande importance pour lui, de s’ouvrir plusP r ès de son camp, par un paflage sûr & commode, la communication avec le pays íituéau-delà de la rivière, soit pour resserrer l’ennemi de l’autre côté du fleuve, en cas qu’ilgardât sa position, soit pour être à portée d’empécher sa marche, en cas qu’il prit leparu de décamper.

II semble qu’en conséquence de ces vues, il auroit pu simplement construire un ou plu-steurs ponts fur la rivière, étant maître alors de ses deux bords, & n’ayant plus aCr aindre d’être troublé dans ce travail, par les troupes légéres d’Afranius que fa cavale-rie avoir écartées. On a vû, qu’il avoir fait paíser la riviere à une partie de ses troupesP f es de Balaguer ; moyennant les petites nacelles d’osier & d’un bois léger qu’il avoirlait fabriquer par ses soldats. Mais il paroit que ces nacelles mêmes ne lui avoientservi alors à d’autre usage, qu’à transporter ses soldats & que le pont qu’il construisit en-suite, étoit un pont fixe de charpente, ainsi que Lucain le décrit, & tels qu’avoient étéles prémiers ponts que Fabius avoir fait jetter fur la riviere. Il faut donc qu’ayant renon-c e à l’idée d’établir fa communication à l’aide des ponts, faute des matériaux & dutemps qu’il falloir y employer, il ait crû en venir plutôt à bout, en rendant la rivieregue'able à l’endroit, où il s’étoit proposé de la paíser. Comme le succès de fa campagnedépendoit en partie de l’exécution de ce projet, on ne peut douter que ce grand hommen ’ait été bien sûr de son fait, & qu’il n’ait d’avance combiné toutes les circonstancespour s’aíîùrer du succès du travail qu’il entreprit à cet effet.

La Segre, qui a fa source dans les Pyrénées descend avec rapidité .par une éten-due de pays de quarante lieues, entre des montagnes & en recevant dans son coursd autres petites rivières jusques vers Balaguer, où este ceííè d’être reílèrrée, elle cou-I e par une plaine d’environ quatre lieues vers Lerida, & depuis cette ville jusqu’à l’Ebre011 elle se décharge.

Elle a environ quarante toises de largeur entre Balaguer & Lerida; mais faProfondeur étant inégale, on volt lorsque ses eaux montent jusqu’au haut de sestords, q u ’ e lle n’a dans quelques endroits que dix & dans d’autres que huit & mê-mes Ex piés d’eau. C’est d’ailleurs la riviere la plus inconstante, aufli bien que tousles torrents qui se précipitent au travers des montagnes ; elle s’enfle subitement à lafonte des neiges & presqu’à chaque orage, pour faire ensuite de terribles ravages, &se déborder par tout où elle ne trouve pas d’obstacle.

César en avoir fait la triste expérience par la destruction inopinée de ses ponts, &P ar I nondation générale des environs de son camp. II paroit cependant par son en-treprise d e creuser des canaux pour saigner la nyiere, que pendant cette douzaine dejours qui s étoi en t passés après la perte des ponts, les eaux du débordement s’étoienttoutes écoulées, Sc q Ue la riviere n’étoit encore que fortement enflée dans son lit. Or-inairement lorsqu’ell e y e st une fois rentrée, ses eaux baissent à vue d’œil, desorteque déjà vers le milieu du mois de Juin, elle devient guéable en plusieurs endroits. Cé-

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