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GUERRE DE CÉSAR
V. Ia CartePI. VII,
Tom II.
pag. 161.
Ed. en fol.
Lib. III.Ch. 7.
sar entreprit ce travail dans les derniers jours du mois de May. Ainsi Pheureux succèsde son passage peut être attribue' en partie à la nature même de cette riviere, & enpartie à Part.
L’endroit où CeTar s’e'toit propose' de passer la Segre, & où il vouloir la rendreguêable, e'toit indubitablement entre Las Casas Aîendre & l’embouchure de la Cervera.L’arme'e en sortant du camp avoir un détour de six mille pas à faire pour tourner la mon-tagne par Belloc, & pour marcher ensuite parallèlement avec l’arme'e d’Afranius. Cettediilance ne peut se concilier autrement qu’avec la supposition de cet endroit du passage,comme on le verra par la carte ci-jointe, ainsi que par toutes les circonstances rap-portées dans mon expose. II est vrai qu’après son paílàge de la Segre, il avoir encorela Cervera à traverser, mais dès le moment que les eaux de toutes les rivières de ces en-virons commencent à bailler, la Cervera n’est qu’un ruisseau qu’on traverse à guésans aucune difficulté, surtout en s’éloignant à quelque mille pas de son embouchure, oùelle est quelque fois difficile.
Le Maréchal de Puysegur est le prémier qui dans son Art de la guerre a fait naîtrequelques doutes sur le récit que César fait de son travail : La Segre , dit-il, ayant plusde quarante lieues de cours , & plusieurs autres rivières venant s'y j et ter, quand Cé-sar veut former un gué près de son camp, il faudroit que les lits de toutes les rivièresau-dejsus de lui baijsent ausi à proportion, à moins qu!elles ri'ayent quelques cataractes-II ne croît pourtant pas qu’un pareil ouvrage fut impossible, mais il prétend, qu’ilavoir trop peu de temps pour en tirer parti, & que ce gué que César a crûs’être procuré par son travail, n’a peutêtre été que l’effet de l’écoulement des eauxqui s’étoient grossies auparavant par la fonte des neiges, de forte qu’en plusieurs en-droits la riviere a pu d’elle même devenir guéable.
Selon l’ídée que le Maréchal de Puylègur s est faite de l’entreprise de César, sonraisonnement n’est pas destitué de tout fondement. En supposant à la riviere dix piesd’eau, comme elle les a effectivement en plusieurs endroits, s’il eût été nécessaired’en ôter six pour la faire bailler au point d erre guéable, il est certain, qu’il a ti-roir fallu alors creuser des canaux & des bassins immenses pour recevoir toutes ceseaux superflues, & même on n’auroit produit qu un effet médiocre dès que tous cescanaux & bassins auroient été remplis, & que les propres sources de la Segre & cellesde tant d’autres rivières auroient fourni allez de nouvelles eaux pour les faire regorgerdans le lit de la riviere. II paroit que Vegecen a pas autrement conçû ce travail, lors-qu il conseille dans le chapitre du paílàge des rivietes, quand la profondeur de l’eaune laiíîe de gué ni a la cavalerie ni à l’infanterie & qu elle coule dans une plaine unie,de l’y répandre par le moyen de diftérens fosses, ce qui suflîroit selon lui pour la passeraisément.
At quurii altior fluclus nec equitem nec peditem patitur, fi P" plana dìfcunat, du3is multifan^Jpargltur JojJïs , divijusque facile tranfitur.