EN ESPAGNE . Sect. V.
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Le Marquis de Santacruz propose de même dans cette occasion la conduite deCésar comme un modele, & conseille, en cas qu’on manque des préparatifs nécessaires pourconstruire un pont, ou que la rapidité excessive des eaux ne le permette pas, de cher-Mer à son exemple quelque endroit derriere le rivage, où la terre soit plus basse que lanviere, de couper là son bord , & après avoir ôté tous les obstacles du terrain , quipourroient s*opposer à son nouveau cours , de détourner l'eau , pour rendre le lit de lar iviere plus bas, afin de la pouvoir poster , & fi ce ríest pas ajse\> de couper le borddans un endroit , de le faire dans plufieurs.
11 n’est cependant pas si aisé dans la pratique, qu’on se l’imagine, de détourner lese aux d’une riviere pour la rendre guéable, ainsi que l’a observé le Marquis de St. Cruz.kn effet, la simple excavation des fossés & des baísins, de quelque grandeur & ca-pacité qu’ils fussent, n’y suffiroit pas : la plupart du temps on ne cauferoit que de fa-meuses inondations fans obtenir son but. II faut de toute nécessité avant d’entreprendredes travaux de cette espece, avoir bien examiné & nivelle le terrain, & calculé exacte-ment l’effet des eaux, ainsi que le temps & les bras qu’on est à même d’y employer.
Les grandes entreprises que les anciens ont faites pour diriger le cours des rivièresselon leurs vues & pour en tiier tous les avantages poííibles, prouvent aíïèz qu’ilsont possédé toute la théorie de la conduite des eaux. Ces canaux d’un détail immense& tous ces bassins qu’on a creusés en Egypte pour faire couler les eaux du Nil jusques dansles deferts éloignés, de même que ceux que Cyrus fit creuser pendant le siégé de Baby-lone, pour détourner les eaux de l’Euphrate, & les autres canaux qui sortoient de ce fleu-Ve > & dont on lit la description dans Arrien, seront toujours l’objet de notre admi-r ation. Crœsus campé furies bords du fleuve Halys dans la Lydie, & manquantabsolument de matériaux pour faire un pont, entreprit de se mettre le fleuve à dos, enbsi creusant autour de son camp un nouveau lit, dans le quel il le détourna aprèsav °ir fait une espece de batardeau, qui en arrêta le cours au dessus de son camp.
Les Romains ont exécuté dans ce genre d’auísi grands ouvrages, dont les tracesnous testent encore, comme entre autres le fossé que les soldats de Marcus firent dansla Provence pour former un nouveau bras du Rhône, & celui de Drusiis dans les
Pays-bas qu’on connoit aujourd’hui fous le nom de la petite Ylïèl. César projetta à1 exemple des autres un canal à travers de l’Isthme de Corinthe, qui joignit la Morée &1 Achaïe, afin de p aster ainsi de la mer Ionienne à l’Archipel. Il n’est donc pas dou-* eux fl ue ce grand homme n’ait opéré dans l’occasion présente selon toutes les réglés deart » 6t qu’il n’ait été fur de son fait, avant d'avoir commencé l'entreprise.
•1 examinerai le procédé de César de la maniéré qu’il le décrit lui même, autantP ou * ^ e P Qri dre aux objections du Maréchal de Puysegur que pour éclaircir le texte. 11y e ìt. naclus ìdoneum locum, fojsas pedum 'XXX. in latitudinem cornplures face-r einstituìt. slyant trouvé un endroit convenable, il entreprit d’y faire plusieurs sos-ies larges de trente pìés. II paroit d’abord que par l’endroit convenable est désignée ici,a partie du terrain, par la quelle il vouloir conduire ses canaux suivant la pente natu-
Reflex. Mi-lit. Toril, II,P a g- 117.
Xenoph.Lib. VII.Grop.
Frontin
l. r. Ch. 5.