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Vol. I.
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i6$ GUERRE DE CÉSAR

relie, pour faire couler les eaux de la riviere dans quelque bas fond propre à les recevoir.En réflechifíànt encore aux paroles du texte, on s’apperçoit qu’il désigne auísi le lit mêmede la riviere, qu’il avoit fait sonder, & où il trouva un endroit convenable, qui se pré"toit le mieux à íès vues, savoir où elle avoit le moins de profondeur, & où tout au plus»les eaux étant bord à bord, il n’y avoit que cinq à six pieds d’eau, tel qu’on fait exacte'ment que cela est entre Las Casas d’Alendre & l’embouchure de la Cervere ; en tempsd’été & lorsque les eaux font baises, on y passe ordinairement la Segre à gué. Césarleva ainsi une des plus grandes difficultés, celle surtout que le Maréchal de Puysegurtouche principalement.

César dans son projet de passer la riviere sans pont avoit deux obstacles à vaincre, larapidité du fleuve, & la profondeur des eaux: ut quurn altitudine aquœ , tum etiaftrapiditate fluminis ad transeundum vado impcdiretur. La Segre en se précipitantpar les montagnes acquiert un degré de vitesse ou plutôt de rapidité qu’elle conserveencore dans la plaine, malgré le peu de pente qu’elle y a, surtout, si reílèrrée entre sesbords, elle ne les déborde plus. La raison Physique, en est la même pour toutes les ri-vières de cette espece ; c’est que le grand volume d’eaux qui vient à rouler sur un pianincliné, se jette de haut en bas avec une vitesse redoublée, à proportion de íà chute, &qu’il communique son impulsion & son mouvement au fluide qui continue à couler ave cla même rapidité qu'il a reçue, quoiqu’il n’y ait que peu ou point de pente.

La riviere étant resserrée entre ses deux bords, c’est encore la pression des parties qU>entretient cette rapidité qu’elle perd dans la plaine, lorsqu’elle coule en serpentant. Césarse flatta qu’en ouvrant à la riviere de grandes issues fur ses bords, égales à peu près àfa largeur, il en augmenterait la surface & que le volume & le poids étant diminués decette maniéré il en assoibliroit par là meme 1 impulsion. Suivant cette théorie, ilsit plusieurs coupures au bord de la riviere, un peu au-dessus de Pendrait, qu’il avoirchoisi pour son paflàge ; & comme ce sont les eaux superieures qui ont le plus haut de-gré de vitefle, il espéra que la diversion qu il ferait en coupant le bord environ à troispiés de fa surface, produirait l’effet qu il désirait.

Examinons cependant un peu plus exactement son travail, en le combinant avec lesnotions qu’on a du terrain, par où il conduisit ses canaux. C’est une vérité qui n’*pas besoin de preuves que le terrain qui avoisine les deux bords fuit auísi la pente de I 3riviere. II en résulte que celui qui est au dessus de Pendrait où il travailla près de l âNoguera, étoit plus élevé que le terrain qui étoit du côté de Lerida & de son camp-Quoique selon ce qu’on a dit, la rapidité de la riviere soit plutôt Peffet de Pimpulsio 11des eaux qui tombent d’enhaut, que de la pente de ion lit j cette rapidité existe cepeU-dant à un certain degré, & elle devoir suffire telle qu’elle étoit, à déterminer le cours de*eaux, si l’on avoit creusé des canaux parfaitement parallelles à la Segre.

La plaine a la droite de la riviere est bornée dans son plus grand éloignement aune distance d’environ quatre mille toiíês, par une chaîne de petites collines qui la c° a 'pent depusiAlmenar jusques vers Aytone. Au pied de ces collines coule un ruisseau q 11 ’

dérive