EN ESPAGNE.
Sec t. V.
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dérive de la Noguera Ribagorsana & qui suivant sa pente naturelle, se jette dans la 8e-ê re , à une lieuë & demi au dessous de Lerida. Le terrain entre la Segre & cettec haine de Collines, paroit d’abord être une plaine parfaite, mais eu égard à ces deuxPetits ruisseaux de Corbins & des Capucins, qui en dérivant de celui qui coulefous les collines, traversent la dite plaine, & se jettent dans la Segre, on conclut avecr asson, l e cours de ces petites ruisseaux ne pouvant se déterminer que sur certaine pen-te , que le terrain du pié des collines doit être plus haut que celui qui est proche de la^egre. Le degré de cette élévation se manifeste pendant le temps des grandes monda-ins; parcequ’alors toute cette plaine depuis la Segre jusqu’aux petites collines nef°rrne qu’un lac. Autant donc que les eaux du débordement font plus profondes du côtédes bords de la Segre, que du côté des collines autant se montre auíïì la différence desll veau d’un terrain à l’autre. On voit par les habitations des bords de la Segre, quecette différence est très petite, & on ne s’écarte pas beaucoup de la réalité, en n’ad-^ettant tout au plus qu’un pouce de pente fur cent toises de terrain, ce qui seroit pres-*lu imperceptible comme il Test en effet.
On voit par cet expose' que l’affiette du terrain favorisait beaucoup l’entrepriíe deCésar. II lui importoit de trouver des endroits plus bas que le bord de la riviere, ouil avoit dessein de faire les coupures, afin d’y conduire les eaux par des canaux nonfeulement de maniéré qu’elles puffent s’écouler, fans causer des inondations, mais auíïìde façon qu’elles n’entrecoupassent pas la marche de ses troupes, du camp à la rivieredc le paílàge à gué qu’il avoit projette'. En allant en ligne droite du bord de la Segrev *n peu au destùs de Las Casas d’Alendre jusqu’au petit ruisseau qui coule íòus les col-^nes, il y a une distance de 4000 toises, &il falloir néceílairement à cause de cette mê-pente quoique bien petite d’un pouce fur cent toises, que le terrain y fut de troisP le ds quatre pouces plus haut que fur le bord de la Segre qui lui étoit diamétralement°Pposé. Ainli César, s’il avoit voulu conduire ses canaux en ligne droite vers cet en-d r °it, auroit dû creuser aster profondément en terre, à mesure qu’il se seroit avancéavec ses canaux, & le lit du ruisseau n’étant pas à beaucoup près d’une profondeur &dune capacité proportionnée, il n’en auroit pu tirer aucun parti pour les débouchés dees canaux. Mais comme ce même ruiflèau coule le long des collines vers la bastè Se-£ re > du moins fur une pente de trois pouces en cent toises, il n’eut qu’à le descendrequatre mille toises plus bas du côté de Montagut derriere son camp, pour y trouver \^ terrain de dix pies plus bas qu’il ne l’étoit au bord du petit ruisseau qui étoit à laj S re en ligne droite & vis-à-vis de celui où il fit ses coupures. En décomptant ainsitrois pies quatre pouces de différence entre les niveaux des bords de la Segre & ceuxb U tasseau en ligne droite, il reste encore six piés, huit pouces, dont le terrain du,j ce ru ’sseau derriere son camp étoit moins élevé que le bord de la Segre, d’ohj, commença a tirer f es canaU x. Et voici le point essentiel discuté , qui a du généra-lement ervir a la direction de ses canaux, & qui semble lui avoir aufli procuré les moyens
e tirer parti du lit que le ruistèau avoit creuse' dans le temps qu’il étoit groífi, p our y
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