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Vol. I.
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GUERRE DE CÉSAR

Ft. VII.No. A.

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décharger les eaux détournées de !a rivière au moyen de ses canaux, & pour les fairetomber derechef selon le cours de ce ruisseau dans la basse Segre.

Si César après avoir nivelle' le terrain avoit trouvé Paillette des lieux, telle que jel’ai décrite, on volt que pour executer le projet de détourner une partie de la rivière,il auroit été obligé de conduire ses canaux à une distance de plus de 4000 toises depuisl’endroitde la riviere qui est au dessus de celui où il vouloit la passer, jusqu’au bas du ruis-seau qui étoit derriere son camp. Quoiqu’un pareil travail n’eut été ni extraordi-naire ni impossible, il paroit cependant qu’il n’auroit pas eu le temps nécessaire pour sexe'-enter, & qu’il auroit toujours eu à craindre qu’Afranius ne le prévint par son départ. Cegrand homme donne lui même à entendre qu’il fut invité à cette entreprise par la faci-lité de réussir, vu qu’il avoit rencontré un endroit bien commode pour y détourner une

partie de la riviere: Naâus idoneum locum fojsas . infiìtuit quibus partem ali-

quant Sicoris averteret.

En examinant donc encore attentivement ce que le terrain des environs de Leri-da a de particulier, on voit que la petite riviere, qui se détache de la Noguera prèsd’Almenar, coule au pied des collines presque parallèlement avec la Segre: que deuxautres petits ruisseaux dérivent de celui-ci, & qu’ils vont à une distance de trois milletoises l’un de l’autre, s’écouler dans la Segre; celui de Corbins du côté de la Nogue-ra, & l’autre nommé des Capucins, tout près de la ville de Lerida. Ainss la Segre &ces trois petits ruisseaux enferment une portion de cette belle plaine de Lerida, & enforment une espece d’íle, dans laquelle il y a de bons villages & des champs très fertiles.On voit de plus que les chemins, au lieu d’alier en ligne droite d’un village à l’autre,passent tous fur une direction parallèle aux rivières, autour du terrain qui est au milieu,& en font une eípece de bassin dont 1 enfoncement paroit encore avoir été plus considé-rable autrefois, qu’il ne l’est aujourd hui. Les chemins, en s’éloignant des villages &en obligeant les habitans à des détours, prouvent clairement que pendant & après le dé-bordement des rivières, la communication en ligne droite entre ces villages, est empê-chée par les eaux qui y séjournent à cause que le terrain y est bas & y forme une eípece deVallon. Les pentes & les contrepentes, qu’on découvre dans ces environs, ne prou-vent pas moins la réalité de ces bas fonds, vu que du côté où coule le ruisseau de Cor-bins, il y a des hauteurs qui aboutissent à cette petite plaine, ainsi que cette chaine decollines au pié desquelles roule le ruisseau, qui vient d’Almenar, & la montagne mêmelùr laquelle Lerida est bâtie. Le terrain qu’on voit ainsi séparé & qui va en s’abaislant,est d’environ 1700 toises depuis le chemin de Corbins jusqu’au ruisseau des Capucins,te de mille toiles, dans fa largeur, comme il paroit par la carte ci-jointe.

II est manifeste que César n auroit pu souhaiter un endroit plus propre à l’exécu-tion de son dessein que ce bassin que l a nature avoit formé, & qui remplissoit toute lasignification de Locus idoneus, qu’il dit avoir rencontré. Il étoit astèz proche de*bords de l a riviere qu’il vouloit saigner, & il s’étendoit par l’autre extrémité vers le basde la petite riviere, du côté de son camp, où on a vû que le terrain étoit par lui même