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Vol. I.
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EN ESPAGNE.

Sec t. K.

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plus bas, & où il lui étoit aisé de pratiquer des canaux de communication & de déchar-ge, pour donner aux eaux rassemblées dans le bassin, la facilité de se décharger ensuitedans le canal que la petite riviere y avoit creusé, & de refluer de cette maniéré dansla baflè Segre. C’est fur les notions que je viens d-e donner de ce terrain que j’appuye-la fuite de mes raisonnemens.

La moyenne largeur de la Segre est d’environ qo toises. On fait que pour produirela baisse des eaux dans une riviere d’une pareille largeur & qui est aussi rapide que laSegre, il ne suffit pas de la saigner par un ou deux canaux d’une médiocre ouverture.

Ees eaux, qui coulent en grande abondance & avec rapidité, suivent toujours le cou-r ant, & restant plus hautes dans les rivières que dans les canaux, font en dérivant dansces canaux, des eípeces de chûtes dont il est aisé de s’apperçevoir. II est donc néces-saire ou de creuser d’abord un nouveau lit à la riviere environ de la largeur de l’ancien,

°u de faire plusieurs canaux, dont la largeur prise ensemble, égale celle de la riviere, sans4 u ’il soit nécessaire d’avoir égard à la profondeur. C’est pour lors qu’on s’assure deì écoulement des eaux en proportion de celles qui surviennent, & qu’on parvient en mê-2ìe temps à ralentir la rapidité de la riviere.

Suivant cette théorie Céíàr ordonna de faire plusieurs canaux dont chacun, comme Pi. VII.il le dit, avoit à la surface trente pieds d’ouverture; on peut en conclure, qu’il y avoit Ne -huit de ces canaux, dont la largeur prise ensemble égale celle de q o toises que la Segrea dans cet endroit.

En creusant ces huit canaux à quinze toises de distance l’un de l’autre, César sittravailler ses troupes fur un front de cent trente toises que ses canaux occupoient avecles intervalles. Il les conduisit tous obliquement, à quelque distance de l’endroít°u le ruisseau de Corbins se jette dans la Segre, vers les bas fonds du côté de Las CasasCorbins ; & il leur donna à chacun, pour les y faire parvenir, un développement d’envi-r °n mille toises. Supposé aussi qu’en s’eloignant de la rive de la Segre, vers Las Ca-sas Corbins, le terrain se soit d’abord trouvé un peu plus élevé, que fur ses bords, ladirection oblique de ses canaux & la petite étendue de leur développement, furentcause, qu’il ne fut pas obligé de creuser plus profondément qu’il ne falloit pour les mettrea leur sortie de niveau avec le fond du bassin, où il vouloir conduire les eaux.

Examinons cependant toute la profondeur qu’il a fallu donner à ces canaux. Cé-sar ayant l e dessein de n’ôter que deux, ou deux piés & demi, de toute la masse deseaux de la riviere, c’est à dire de les réduire de la hauteur de six pies à celle de quatre011 de trois & demi, à l’endroit où il vouloir paííer a gué, n’avoit par conséquent beíòin

de donner trois ou trois piés & demi de profondeur à l’entrée de ses canaux dans lariviere.

Mettons à présent que pour procurer aux eaux l’écoulement nécessaire, il fut dansa nécessite de donner à ses canaux du moins trois pouces de pente, fur cent toises; il^ensuivroit qu étant développés à mille toises, ils avoient deux piés six pouces de pluse profondeur qu à leur entrée. Ajoutons-y les trois piés à leur ouverture & ce qu’em-

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