EN ESPAGNE. Sect. F
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Mais ìl paroit par toutes les circonstances, que César en entreprenant ce travail,avoit pour but de s’astùrer pour toujours la communication avec le pays situé au delà dela Ségre, & de se préparer les moyens de traverser le fleuve en tout temps & en touteoccasion. II ignora même pour lors, si Afranius prendroit la résolution de quitterson camp & quand il l’exécuteroit. II dit que ce qui avoit principalement déterminél’ennemi à précipiter son départ, fut la crainte de voir César maître de l’autre rive, &qu’il eut cette crainte, dès qu’il vît la cavalerie p aster sans peine, & tout l’effet que lesdérivations avoient déjà produit fur la riviere. Il n’est donc pas vrai, que Césarn' ait ouvert les bords de la riviere qu’au moment qu’il voulut exécuter son passage.
Mais, il est évident, que malgré toute íà capacité, le réservoir n’auroit pas suffi àcontenir toutes les eaux que les sources de la Segre, & celles des autres rivières qui s’yjettent, fournissent fans cefíè. Dès qu’il en auroit été rempli, il auroit nécessairementfallu que ces eaux superflues, en retournant dans la riviere, la fissent hausser de nouveau,& rendissent le gué à peu près austì impratiquable qu’il l’avoit été auparavant. Pours’assurer donc de tout l’effet de ion. travail, César ne pouvoir se dispenser de faire creu-ser d’abord un canal de décharge, afin d’empêcher que ces eaux surabondantes ne re-fluassent dans la riviere.
On a vû qu’en nivellant les lieux voisins de la Segre , César a dû trouver que sui-vant le cours de la petite riviere qui dérive de la Noguera, le terrain aux environs deson camp étoit de six piés huit pouces plus bas, qu’à l’entrée de ses canaux. Commecette petite riviere se jette dans la Segre à une lieuë & demi au deflous de Lerida,César en préparant & en élargissant son lit pouvoit s’en servir comme d’un canal trèspropre à faire retourner à la Segre des eaux qu’il en avoit détournées.
Le nouveau canal nécessaire pour porter les eaux depuis le grand réservoir jusqu’àcette petite riviere, devoir avoir un développement de douze cens toises, vû que parde ses côtés, il en étoit éloigné à cette distance. Comme toutes ces grandes déri-vations n’avoient pas laiste de faire du moins quelque peu d'ester fur la masse d’eaux de lanviere, & que les eaux étoient déja vraisemblablement plus ou moins baissées, ils est vû fans doute dispensé de creuser son nouveau canal à son entrée dans le bassin austìprofondément que les premiers canaux qui à leur entrée à la riviere, avoient été de troispies de profondeur. II est même probable, pour garantir absolument d’inondations lesenvirons de son camp, qu’il fit tirer encore un autre canal parallèle à la petite riviere jus-flues derrière son camp, où la nature du terrain qui s’y abaissoit de plus en plus, le dé-
livroit de toute crainte des débordemens en cas que le lit même de cette petite rivierevint à s’ en ster.
, En opérant de cette maniéré César réduisit infailliblement les eaux de la riviere,a la hauteur requise pour rendre le gué pratiquable à l’endroit où il s’étoit proposé depasser. On voi t au flì q Ue m oyennant ce grand réservoir il empêcha la dérivation sou-ame & trop abo n <i ante d es eaux d e l a Ségre, qui n’auroit pas manqué de causer des° si a “ ons dangereuse autour <j e son camp. Son dernier canal de décharge portoit
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