j8o guerre de césar
n’étoit pas bien établie. II les laissa en arriéré, avec toute une légion desti-née à garder le camp, ôc à s’assurer la communication avec le pays qu’il alloitV. u Carte quitter. Les autres légions eurent ordre de se mettre en marche, sans stp ^ vnI - charger de leurs bardes, & fans les faire suivre d’autres équipages que de ceuX° 4 dont elles ne pouvoient pas se passer pour le campement. Avant qu’elleSmissent le pied dans la riviere, il y avoir fait entrer un grand nombre de bêteSde somme, dont une partie sut placée au dessus & sautre au dessous du gué,pour rompre la violence du torrent. Ces précautions prises, les troupes pas-sèrent la riviere avec une facilité étonnante. II n’y eut que quelques fan-tassins d’entrainés parle torrent; mais les cavaliers les reprirent & les sau-vèrent sans peine, de forte qu’il n’y en eût pas un qui périt dans ce passagequi paroissoit d'abordf difficile & presqu’impraticable (I) auffitôt que cetteinfanterie se trouva à l’autre bord de la riviere, César la mit en bataille. II larangea sur trois lignes suivant l’ordonnance ordinaire des légions, <3c se mitensuite en marche en autant de colonnes.
Pour se former une idée de toutes les circonstances de l’événement re-marquable , que je veux exposer aux yeux du Lecteur, je donnerai une de-scription exacte du terrain, conforme à la position des lieux, telle qu’elle estaujourd’hui, <5c qui malgré le laps des siécles réponde exactement au récit queCésar lui même en sait dans ses commentaires. En passant la Segre entrela petite riviere deNogueraRibagorsana, & la ville de Lerida, aux environsde l’endroit ou le gué s’est trouve, le terrain est uni, ôc fait partie de la gran-de plaine d’Urguel. II a d’abord à fa droite du côté du midi les montagnesplus ou moins élevées, qui entourent cette plaine & qui s’étendent jusqu’àla Segre, où elles se terminent par la grande hauteur sur laquelle le camp desdeux légions étoit affis, (U) vis-à-vis de la montagne qui est de l’autre côtede la riviere, & dont le sommet est occupé par la ville de Lerida. En passantles montagnes qui bornent la plaine de ce côté, on rencontre de nouveau unterrain uni, excepté fur le bord de la riviere, le long du quel règnent depuisl’élévation où étoit le camp des deux légions, d’autres hauteurs plus oumoins considérables ôc. entrecoupées quelquefois par des vallons ôc de petitsbouts de plaine jusqu’au confluent de la Segre ôc de l’Ebre, où elles íe per-dent dans cette grande chaîne de montagnes qui bordent l’Ebre. La plainequ’on rencontre après avoir surmonté les premieres hauteurs, ne s’étend qu’àenviron deux lieuës ôc demi, où elle est traversée de nouveau par des mon-