EN.ESPAGNE, Se c t. VI.
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tagnes, dont dépendoit la sûreté du passage de l’Ebre, à ce que Petreiusleur avoit aíîûré. Ils ne se soucièrent pas de sacrifier une partie de leurs trou-pes pour sauver le gros de l’armée, & pour venir à bout de leur entreprise.
Le plan des Généraux de Pompée auroit été bon, si pour empêcher Cé-sar de gagner les bords de l’Ebre, il n’avoit fallu que se mettre aux trousies deson armée, & peut-être, s’ils eussent poursuivi leur marche la nuit précé-dente , lorsque César n’étoit pas si bien au fait du terrain qu’il l’étoit depuis,oes dispositions, ôc le sacrifice de quelques cohortes les auroient fait réussir.
^ïais c’étoit la destinée des ennemis dc César, de mesurer presque toujoursfur leurs propres lumières les ressources que ce grand homme fut toujoursCouver au milieu de ses embarras. En tournant ainsi toute leur attention furdes objets, ôc fur des expédiens qui leur paroissoient seuls en mériter, ilslui donnoient lieu d’en imaginer d’autres, auxquels ils ne s’attendoient pas,
6c qui par là réuffissoient presque toujours. Sa grande supériorité de géniemit ainsi en défaut les mesures les mieux prises des plus grands Généraux de sontemps. 11 n’y avoit qu’environ quatre semaines, qu’il faisoit dans ces con-trées la guerre à deux Généraux habiles ôc expérimentés, ôc déja il leur avoitdérobé le pasiage d’une rivière dans le temps où on le croyoit fans ressource,à réduit à l’extrêmité : il n’y avoit que deux jours qu’il les avoit étonné par1 apparition la plus inattendue de ses légions, ôc il leur prépara dans ce mo-ment une autre surprise, dont l’effetlui valût la victoire la plus complété,mit fin à cette guerre d’Espagne.
Ce fût après de longues délibérations, que les Généraux de PompéeAxèrent le lendemain pour le jour du départ. César ayant le même dessein,étendit à peine que le jour parût, pour faire sortir son armée du camp, qui^ e toit, comme on vient de le dire qu’à une petite distance de celui de1 e nnemi. Afranius crût d’abord, qu’il ne se mettoit de si bonne heure enmouvement, que pour être au premier signal de sa marche, à portée deforcer les passages. Mais il ne fut pas peu surpris, lorsqu’il vit tout à coup,les légions de l’ennemi tirer à gauche, ôc paroître comme aller en arriéré. Lehruit s e répandit incontinent dans son camp, q ue l’armée de César se retiroit. pi. viiies soldats en sortirent en foule, pour fe donner ce spectacle, ôc remplis de No ' lI *i c ne 1"! épargnèrent pas les sarcasmes, en s’écriant, que pourtant àv blette de pain le forçoit à s’enfuir, ôc à retourner vers Lerida,ou sis étoient venus. Les Généraux même s’applaudirent dans ce moment,
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