EN ESPAGNE. Sect. VI. 189
6e. On cria incessamment aux armes, 6c les soldats les plus parefleux même6c les moins alertes s’encouragerent les uns les autres, à faire toute la diligen-ce possible dans cette marche, dont dépendoit selon l’opinion générale lesalut de toute farinée. On n’osa pas même sc charger des équipages, de far-inés de peur de l’embarrasser. On les laissa en arriéré, avec quelques cohor-tes pour les garder. Toute l’armée enfila la grande route entre la chaînedes montagnes qu’on avoit à la droite, 6c les bords de la Segre, droit àOctogese 6c au pont de bateaux qu’on y avoit préparé fur l’Ebre.
Les difficultés que César avoit à surmonter pour dévancer l’ennemi,étoient extraordinaires. II sc plait lui même à les détailler avec une forted’intérêt, qu’on remarque quelquefois, lorsqu’il parle d’événemens qu’il auniquement décidés par la supériorité de son génie 6c de sestalens. „On«fût obligé, dit-il, de traverser des Vallons très profonds 6c très difficiles;„des rochers escarpés qu’on rencontroit souvent, barroient les chemins de„telle forte que les soldats étoient obligés pour y monter, de sc donner leurs,-armes de main en main, 6c de sc soulever les uns les autres; mais aucun ne?,se refusoit à ce rude travail, dans l’eípérance que ce seroit le dernier,»s’il pouvoit venir à bout de couper les vivres à l’ennemi 6c de l’empêcherj,de passer l’Ebre.,,
Les mauvais passages au travers des vallons 6c des rochers escarpés,dont César parle ici, sont en partie ceux qu’il trouva à gauche de la mon-tagne, que l’armée d’Afranius avoit occupée, aux environs d’Aises 6c dePays, 6c en partie ceux qu’il rencontra plus en avant, lorsqu’il franchit leshauteurs à côté des défilés, par où passe le chemin d’Octogesc près du vil-kge de Grauja. Si César dit, qu’il fit aller ses troupes par des chemins in-Cer tains, il paroit pourtant qu’il ne fut pas pour lors exactement informéâe tous les obstacles qu’il auroit à surmonter, 6e que-se contentant de fairePendre à fes légions la direction la plus analogue à ion dessein de dévan-Cer l’ennemi, il sc reposa pour la réussite, autant sur sa bonne fortune, quehrr l’ardeur 6c sur la diligence de ses soldats.
En passant les défilés d’Alfes, deFays, 6c de Junieres, on gagne d’a-0rC y a Pairie, qui fait le bassin dont j’ai parlé dans la description généraleque j aï fan e de ce terrain. A la droite du côté de la riviere est une chaînede hauteurs : l’ennemi marchoit alors entre elle 6c le fleuve. César auroit pû.abord après avoir débouché dans la plaine, sc tourner à droite, enfiler
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No. il.
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