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Vol. I.
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190 GUERRE DE CÉSAR

le chemin qui aujourd’hui passe en traversant le village de Juncadella par ceshauteurs, 6c tomber presqu’au milieu de la grande route d’Octogefajmais il préféra, fans doute pour devancer d’autant plus sûrement l-’ennernijde marcher plus loin dans la plaine dans les environs du village de Lassuef-fas, tout droit à la montagne qui s’éléve à côté des défilés,- que les deuxarmées avoient tant d’intérét d’atteindre. Après avoir franchi cette haute6c difficile montagne, il íè trouva précisément devant le débouché du défiléd’Octogefe, dans une bonne plaine, 6c barrant ainíì à f ennemi le passage, ill'empêcha absolument d’aller plus loin 6c de gagner les bords de l’Efare.

Eu égard aux embarras de cette marché, 6c au détour qu’il étoit obli-gé de faire, on est étonné qu’il ait pû tourner Tennemi 6c le dévancer fur un®marche de cinq mille pas que celui-ci faifoit fur un terrain uni 6c ouvert.Mais ce fut encore fa cavalerie, qui lui en facilita T exécution. Comme ehle auroit perdu son temps à forcer les passages que f ennemi en partant, avoirgarni d’infanterie, il n’est pas douteux qu’elle n’ait d’abord tourné avec les lé-gions, du moins en grande partie, la montagne où l’ennemi étoit campé, 6cqu’en passant par le chemin qui, à ce que j’ai dit, méne à la Segre par 1’en-droit où est aujourd’hui le village de Juncadella; elle ne soit tombée de cet-No. i te maniéré fur la marche de Tannée ennemie. Si César fait mention des che-mins inconnus par ces vallons si difficiles, 6c ces rochers escarpés, par oùla cavalerie auroit eu par conséquent bien plus de peine à passer, que l’in-fanterie, on voit bien qu’il ne parle pas tant des chemins qu’on rencontredu côté des montagnes dont il gagna d’abord le revers, en partant defostcamp, d’autant plus qu’on fait, qu’ils ne font pas à beaucoup près si difficilesCh. 7 o. m si affreux qu’il les décrit; mais qu’il entend ces grands rochers, qu’il eut àNo. i 4 . franchir, lorsqu’il toucha au bout de fa marche, 6c qu’il n’avoit pas pu, oupeut-être qu’il n’avoit pas voulu reconnoître, pour ne pas laisser soup-çonner son dessein. Quelque débouché que la cavalerie ait eu pour join-dre l’ennemi dans fa marche, il est certain, qu’elle seconda très bien leSvues de son Général, en attaquant Tarrieregarde avec toutes ses forces, 6c enT arrêtant dans son chemin, 6c qu’elle donna par fes manœuvres le temps auXlégions de gagner les devans, de la maniéré que jel’ai exposé.

On ne fauroìt s e refuser à des réflexions fur la conduite des Générauxde Pompée, qui en cette occasion ne répondit certainement pas à la gran-de réputation qu’ils s’étoient acquise. César remarque que, quand même