EN E S P A G N"E. Sect . VI 191
auroient gagné Ics défilés d’Octogefe, avant lui, & exécuté le passage de l’E-fire, fa marche ne leur auroitpas moins été funeste. Parcequ’ayant laissé tousses équipages de l’armée dans le camp qu’ils venoient de quitter, ils ne pou-Voient jamais fe mettre en tête de les recouvrer. Ne pouvant pas conser-ver la moindre communication avec ce camp, comment auroient ils em-pêché que César ne s’en fut emparé fur le champ ? La perte toujours sensibledes équipages auroit aliéné les esprits des soldats, & causé de grands inconvé-fliens pour le reste de la campagne. II est encore plus étonnant, qu ayant paf-*fé deux jours & une nuit dans leur camp avec la ferme ,persuasion que leursalut étoit attaché au passage de l’Ebre, ils n’ayentpas fait partir d’avance leurséquipages, n’eut ce été que pour débarrasser leur marche. On ne sauroitexcuser non plus cet excès de confiance & de sécurité, qui ne leur a pas faitmême venir l’idée de la possibilité d’être tournés, & d’être prévenus de lamaniéré qu’ils le furent. II faut bien que Petreius qui avoit reconnu le ter-rain, ne se soit pas avisé d’y porter son attention. S’ils en avoient eu le moin-dre soupçon rien n’auroit été si aisé, que de faire avorter toute l’entreprisede César. Aucun pays du monde ne favorisent autant la retraite d’une ar-mée, que celui qu’ils avoient à parcourir pour être en íureté. Sur leur frontétoient des passages difficiles &c étroits ; fur un de leurs flancs la riviere, furautre une chaîne de montagnes & le chemin qu’ils avoient à faire n’étoit quede cinq mille pas. II n’auroit fallu qu’occuper par quelque infanterie lesPassages qui conduisoient par les montagnes, qu’ils avoient fur leur flanc, demême maniéré, dont ils s’y étoient pris à l’égard de ceux qu’ils avoient furleur front, & ils n’auroient rien eu à craindre pour leur marche. QuelquePeu de résistance que ces troupes eussent faite, elle auroit suffi à arrêter du^mins pour quelque temps la cavalerie & les légions, qui ayant tant de peineà franchir les passages, tandis que personne ne les leur diíputoit, n’auroient
Erat in celeritate omne positon certa-utri prius angustias montesque occupa-renT. Scd'exerrìtum Co saris viarum difficul-tates tarhbant , Asranii copias cquitatus Ces-sant iuseqttetit niorabatur. Rcs t amen ab Afra-Kiaiììs hue erat nece(fari 0 deducla , ut , fi prì0-rc * monter , quos petebant, attigistent , ipsi
peficulum vitarent, impedimenta totius exer-citus , cohortesque in castris reliclas servarenon postent, quibus interclubs exercitu Cœja-ris, auxUium ferri uulla ratione poterat. Con -fecit prìor iter Cœjàr ; atque ex magnis ru-pilms vacíus planitiem in hac contra hostetnaciem instruit*