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Vol. I.
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PI. VIILNo. z 8.

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jamais pû lés devancer. Mais César étoit heureux, & il semble, que la for-tune se plaît à servir les Généraux habiles & entreprenans.

A peine,avoit-il franchi les rochers, & gagné ce bout de plaine qui &trouve au sortir du défilé d’Octogese, qu’tl vit déjà s ennemi s’avancer. II s cmit promptement en bataille, sii gauche vers la rivíere, à l’endroit où laCinca tombe dans la Segre;, 6c fa' droite du côté dè's montagnes. II lui ôtapar cette disposition le moyen de passer outre. L’embarras & la confusiondes Généraux de Pompée étoient extrêmes. Ils avoient lutté jusqu’alorscontre la cavalerie, dont les attaques continuelles à leur arrieregarde lesavoient tenûs en haleine, pendant toUte dette courte marche, & à présent,lorsqu’ils crurent se mettre en fureté pour le reste de la campagne, ils virenttoute Finfanteric de l’ennemi rangée en bataille & postée très avantageuse-ment, leur barrer le chemin. Si l’on fait un crime à Afranius & à PetreiuSde n’avoir pas marché incontinent fur le ventre aux légions de César & den’avoir pas tenté de forcer le passage, on ne réfléchit pas au terrain & à la fâ-cheuse position d’une armée, qui a l’ennemi à dos & en face. Ils n’auroientjamais pû le risquer, sans la plus grande témérité, & lans s’exposer à une dé-faite totale. Dans cette extrémité ils se crurent fort heureux, de pouvoirse mettre sur la défensive, & de se soustraire seulement aux insultes de lacavalerie ennemie, en occupant incessament la hauteur qui se trouva à leurgauche vis-a-vis de celle, à la quelle César avoit appuyé ía droite. Ils yfirent alte; mais extremement leníibles à la neceíiìté de renoncer à leurprojet de passer l’Ebre, 6c de laisser leur pont de bateaux au pouvoir deFennemi, ils entrevirent pourtant la possibilité de revenir encore de ce con-tretemps 6c d’cxécuter leur premier plan.

Le poste dont ils s’étoient saisi, étoit à l’opposite de la plus haute mon-tagne de tous ces environs, 6c n’en etoit séparé que par un petit bout deplaine. (VII. ) D’autres hauteurs plus ou moins élevées continuent depuiscette montagne jusqu’au bord de FEbre, dans une dstance de quatre mille pa sRomains, & forment ces passages dont les deux armées avoient eû tant d’ifl"térêt de se saisir. Comme César n’avoit pas jugé à propos, de l’occuper «sa-bord, 6c qu’il s’étoit contenté de ranger seulement ses troupes, depuis I epied de cette montagne jusqu’à la Segre, les Généraux de Pompée conçu-rent Fespérance, de s’en rendre maîtres, & ayant ainsi gagné le flanc de l’ eïl "nemi, de poursuivre leur marche par les dites hauteurs jusqu’à leur pont

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